1. L'essentiel en 60 secondes
Mis à jour le 23 avril 2026 — Références légales mobilisées : art. 4 B, 164 B, 197 A, 119 bis, 119 bis A, 200 A, 964, 750 ter, 167 bis, 155 B, 238-0 A, 187, 244 bis B, 182 A, 990 D, 990 I, 1649 A, 1649 AB CGI ; art. L.136-6 CSS ; LF 2025 art. 96 (modalités art. 119 bis A applicables 01/01/2026) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, régime 2/5 ans exit tax maintenu) ; LFSS 2026 (CSG mobilière 9,2 → 10,6 %) ; décret n° 2025-502 du 06/06/2025 (représentant fiscal) ; Règl. UE 650/2012 (succession) et 2016/1103 (régime matrimonial) ; Règl. CE 883/2004 (sécurité sociale) ; avenant franco-suisse 27/06/2023 (télétravail 40 %) ; CJUE De Ruyter C-623/13, Schumacker C-279/93, Wächtler C-581/17, N C-470/04.
Vous vivez à l'étranger, vous préparez votre départ, ou vous rentrez après plusieurs années d'expatriation ? La fiscalité française ne s'arrête pas à la frontière. Chaque euro de revenu français, chaque bien immobilier détenu en France, chaque action reçue d'une société française reste potentiellement taxable. Mais les règles diffèrent profondément du régime des résidents. 2026 apporte deux clarifications majeures : de nouvelles modalités procédurales conventionnelles pour la retenue à la source sur dividendes (LF 2025 art. 96, art. 119 bis A CGI), et la confirmation LF 2026 du maintien du régime 2/5 ans de l'exit tax (amendement Tanguy I-807 écarté).
Avant d'entrer dans le détail, voici les 10 règles qui structurent toute la matière. Gardez-les en tête : elles vous serviront de repère tout au long de cette lecture.
| # | Règle clé 2026 | Base juridique | Impact pratique |
|---|---|---|---|
| 1 | 4 critères alternatifs de domiciliation | Art. 4 B CGI | Un seul suffit pour être résident français |
| 2 | La convention bilatérale prime toujours | Hiérarchie droit interne / traité | Règles de priorité (tie-breaker) |
| 3 | 8 catégories de revenus français imposables | Art. 164 B CGI | Salaires, loyers, dividendes, pensions, PV… |
| 4 | Taux minimum 20 % / 30 % | Art. 197 A CGI | Seuil 29 579 € (revenus 2025) |
| 5 | Option taux moyen mondial sur justificatif | Art. 197 A al. 3 | Souvent gagnante pour retraités |
| 6 | Retenue à la source dividendes 12,8 % | Art. 119 bis CGI (taux depuis 2018) | Nouvelles modalités art. 119 bis A depuis 01/01/2026 (LF 2025 art. 96) |
| 7 | Option barème (2OP) interdite aux non-résidents | Art. 200 A al. 2 | PFU obligatoire sur dividendes et PV |
| 8 | IFI : biens France uniquement, seuil 1,3 M€ | Art. 964 CGI | Assiette limitée (avantage) |
| 9 | Exit tax : 800 k€ ou ≥ 50 % droits | Art. 167 bis CGI | Régime 2/5 ans maintenu par la LF 2026 |
| 10 | Impatriation : 8 ans d'exonération au retour | Art. 155 B CGI | Jusqu'à 30 % rémunération + 50 % revenus passifs |
Concrètement, retenez ceci. La notion de non-résident dépend de deux étages : le droit français (art. 4 B CGI) et la convention fiscale bilatérale (qui tranche en cas de conflit). Vos revenus français restent imposables — mais uniquement eux. Les règles de calcul sont spécifiques : taux minimum, PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique, la « flat tax » à 30 % qui combine 12,8 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux) imposé, pas d'option barème. Et certains arbitrages (PEA— Plan d'Épargne en Actions, enveloppe fiscale réservée aux titres européens, exonérée d'IR après 5 ans ; assurance-vie luxembourgeoise ; timing de cession) peuvent vous faire économiser des dizaines de milliers d'euros par an.
Pourquoi ce guide existe
Résident vs non-résident : synthèse en un coup d'œil
Résident fiscal français (obligations étendues)
Imposition sur revenus mondiaux au barème progressif 0-45 %. Prélèvements sociaux 17,2 %. IFI sur patrimoine immobilier mondial au-delà de 1,3 M€. Succession sur biens mondiaux. Option barème disponible.
Non-résident fiscal (territorialité limitée)
Imposition sur revenus français uniquement (art. 164 B). Taux minimum 20/30 %. Retenue 12,8 % dividendes. PS 7,5 % si affilié EEE (arrêt De Ruyter). IFI et succession sur biens France seuls. Exit tax au départ.
Point clé : la convention prime sur le droit interne
Départ, retour ou double résidence : chaque étape engage votre fiscalité sur 10 ans
Statut art. 4 B, convention applicable, exit tax, PEA, AVL, régime impatriation : un CGP certifié cadre votre projet international avant tout mouvement qui serait difficile à défaire.
2. Êtes-vous non-résident fiscal ? (art. 4 B CGI)
C'est la question fondatrice — celle dont dépend tout le reste. Tant que votre statut n'est pas clair, rien d'autre ne peut être décidé : ni l'imposition de vos loyers, ni l'IFI, ni l'exit tax. Et attention : être non-résident « dans la tête » ne suffit pas. L'administration fiscale raisonne sur des critères précis, parfois très différents de votre ressenti. Vous pouvez avoir déménagé à Dubaï il y a un an et être encore considéré comme résident français si votre famille vit à Paris. Alors, comment le fisc tranche-t-il vraiment ? On déroule les 4 critères dans l'ordre où ils s'appliquent — en s'arrêtant au premier qui matche.
À retenir en une phrase
Les 4 critères alternatifs de l'article 4 B CGI
L'article 4 B du Code général des impôts (le « CGI », c'est le livre qui regroupe toutes les règles d'imposition en France) liste quatre critères. Un seul suffit pour être qualifié résident fiscal français. Et donc pour être imposé sur l'intégralité de vos revenus mondiaux.
| Critère | Définition | Exemples concrets |
|---|---|---|
| 1. Foyer | Lieu où réside habituellement la famille (conjoint, enfants mineurs) | Conjoint + enfants à Paris = foyer en France, même si vous travaillez à Dubaï |
| 2. Lieu de séjour principal | Plus de 183 jours en France dans l'année civile | Entrepreneur nomade qui passe 200 jours en France malgré une adresse à Lisbonne |
| 3. Activité professionnelle non accessoire | Principale activité exercée en France | Dirigeant d'une SAS française dont le siège et l'essentiel des dossiers sont en France |
| 4. Centre des intérêts économiques | Principaux investissements, gestion de biens, source majoritaire des revenus | Patrimoine majoritairement français + revenus majoritaires français = centre en France |
Concrètement, si aucun de ces quatre critères n'est rempli, vous êtes non-résident au sens français. Si un seul est rempli, vous êtes résident français — et la bataille se jouera alors sur le terrain de la convention bilatérale.
Quand la convention bilatérale prime sur le droit français
Il arrive souvent qu'un contribuable soit considéré résident par deux pays simultanément. Exemple typique : un Français expatrié à Genève qui garde sa famille à Annemasse. La France dit « vous êtes résident français » (critère 1 : foyer). La Suisse dit « vous êtes résident suisse » (permis B + plus de 183 jours). Qui gagne ?
C'est la convention fiscale bilatérale qui tranche. Une convention est un traité signé entre deux États pour éviter qu'un même revenu soit taxé deux fois. Elle prime sur le droit interne (principe constitutionnel de hiérarchie des normes). La France a signé 120 conventions actives en 2026 (source BOI-ANNX-000306), dont 32 couvrent aussi les successions.
Nouveauté LF 2025 : la primauté conventionnelle enfin légalisée dans l'article 4 B
Chaque convention contient un article « résidence » qui applique une séquence de priorités, appelée tie-breaker rules (littéralement « règles de départage », comme au tennis quand deux joueurs sont à égalité) :
RÈGLES DE PRIORITÉ CONVENTIONNELLES (TIE-BREAKER) Étape 1 : Foyer d'habitation permanent Étape 2 : Centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques) Étape 3 : Séjour habituel Étape 4 : Nationalité Étape 5 : Procédure amiable entre administrations L'administration descend les étapes jusqu'à trouver un critère discriminant. La plupart des dossiers se règlent aux étapes 1 ou 2.
Concrètement, si votre famille vit en Suisse avec vous (foyer permanent unique en Suisse), la convention vous déclare résident suisse — et la France ne peut plus vous imposer que sur vos revenus de source française. Si vous avez un logement dans les deux pays, on passe au centre des intérêts vitaux (où travaillez-vous, où sont vos enfants, où sont vos comptes principaux).
Couples mixtes (art. 4 bis et art. 6 § 4 CGI)
Situation ultra-fréquente chez nos clients frontaliers et expatriés : l'un des conjoints travaille à l'étranger, l'autre reste en France. Paris considère par défaut que le foyer reste français (critère 1). Mais les articles 4 bis CGI et 6 § 4 CGI permettent une imposition séparée: chaque conjoint est imposé selon son propre statut, et on établit deux déclarations distinctes. C'est lourd administrativement, mais souvent fiscalement avantageux.
Bug fréquent : conjoint resté en France = foyer maintenu
Cas frontières : déménagement en cours d'année
Vous partez en mai 2026 ? L'année est coupée en deux. Janvier à mai : déclaration 2042 classique (résident, revenus mondiaux). Juin à décembre : déclaration 2042-NR (non-résident, revenus français uniquement). La date pivot est celle du transfert effectif du foyer (famille + logement + activité). Gardez toutes les preuves : bail étranger, contrat de travail, billets d'avion, factures énergie.
Piège classique
Foyer resté en France, conjoint expatrié, départ en cours d'année : êtes-vous vraiment non-résident ?
Les 4 critères de l'art. 4 B s'appliquent en cascade et la convention bilatérale prime toujours. On analyse votre situation concrète avant que l'administration ne le fasse à votre place.
3. Quels sont vos revenus français imposables ? (art. 164 B CGI)
Votre statut de non-résident est acquis. Bien. Mais que reste-t-il concrètement de taxable en France ? La réponse tient dans un seul article : le 164 B du CGI. Il liste les 8 catégories de revenus considérés comme « de source française », et qui restent imposables peu importe où vous vivez.
Les 8 catégories de l'article 164 B
| Catégorie | Exemples | Régime |
|---|---|---|
| 1. Revenus d'immeubles en France | Loyers nus, LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel), SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) françaises | IR taux mini + PS 17,2 % (ou 7,5 % EEE) |
| 2. Revenus de valeurs mobilières FR | Dividendes, intérêts obligataires | Retenue 12,8 % ou PFU 31,4 % |
| 3. Plus-values sur participations ≥ 25 % | Cession d'actions > 25 % du capital | Imposition spécifique + convention |
| 4. Salaires et pensions d'activité FR | Salaires exercés en France, pensions AGIRC-ARRCO (régimes complémentaires de retraite des salariés du privé) | Retenue PAS (Prélèvement À la Source) spécifique non-résidents |
| 5. Bénéfices entreprise FR | BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), BNC (Bénéfices Non Commerciaux) d'activité localisée en France | Taux minimum applicable |
| 6. Droits d'auteur et brevets | Redevances perçues pour exploitation FR | Retenue 10 ou 15 % (convention) |
| 7. Revenus artistiques et sportifs | Cachets concerts, prize money tournois FR | Retenue 15 % |
| 8. Rentes viagères servies par débiteur FR | Rentes assurance-vie, rentes PER (Plan d'Épargne Retraite) | PFU ou retenue |
Concrètement, tout ce qui n'est pas dans cette liste échappe à l'imposition française. Vos salaires étrangers ne sont pas taxés en France. Vos dividendes étrangers non plus. Vos plus-values mobilières étrangères (hors participations ≥ 25 %) non plus. C'est l'un des principaux avantages du statut de non-résident pour les cadres à haut revenu international.
Salaires, pensions, BIC/BNC France
Si vous continuez à travailler pour un employeur français après votre départ, les salaires relatifs à des jours travaillés en France restent imposables (retenue à la source spécifique en 3 tranches : 0 %, 12 %, 20 %). Les jours travaillés à l'étranger sont généralement exonérés en France (mais imposables dans votre pays de résidence, via convention).
Les pensions de retraite françaises suivent un régime similaire. Mais attention : la convention bilatérale peut transférer le droit d'imposer au pays de résidence. Portugal, Belgique et Suisse imposent généralement les pensions privées dans le pays de résidence. Les pensions publiques (fonction publique) restent le plus souvent imposées en France (règle standard OCDE).
Revenus fonciers et plus-values immobilières
Vos loyers français (nu ou LMNP) restent imposables en France, systématiquement. Taux minimum 20 %/30 % + prélèvements sociaux 17,2 % (ou 7,5 % si vous êtes affilié à un régime de sécurité sociale EEE/Suisse, grâce à l'arrêt De Ruyter de la CJUE — affaire C-623/13).
Les plus-values immobilières (art. 244 bis A CGI) sont taxées à 19 % d'IR + PS 17,2 % (ou 7,5 % si affilié EEE/Suisse/UK-NHS), soit 36,2 % ou 26,5 % au total. Deux règles d'abattement pour durée de détention à mémoriser (identiques aux résidents) :
| Durée de détention | Abattement IR | Abattement PS | Observation |
|---|---|---|---|
| 0 à 5 ans | 0 % | 0 % | PV brute pleine |
| 6e à 21e année | 6 %/an | 1,65 %/an | Progression linéaire |
| 22e année | 4 % | 1,60 % | Exo IR à 22 ans révolus |
| 23e à 30e année | — | 9 %/an | Exo PS à 30 ans révolus |
| Après 30 ans | — | — | Exonération totale |
Attention au piège: entre 22 et 30 ans de détention, l'IR est exonéré mais les PS (7,5 % ou 17,2 %) restent dus, et le représentant fiscal reste obligatoire. Un bien détenu 25 ans avec 300 000 € de PV brute, NR hors UE : IR 0 €, mais PS = 300 000 × 17,2 % × (1 − 25 × ...) ≈ 15 000 € tout de même.
S'ajoute la surtaxe des PV > 50 000 € (art. 1609 nonies G, barème progressif 2 % à 6 % par tranches), applicable aux non-résidents personnes physiques.
Deux exonérations précieuses pour non-résidents
L'article 150 U II 2° prévoit deux régimes de faveur que la moitié des expatriés ne voient pas passer :
Exo 1 — résidence principale "pré-départ" (150 U II 2° al. 1)
Exonération totale si : le bien était votre résidence principale au jour du transfert de domicile fiscal + vente au plus tard le 31 décembre de l'année suivant le départ + bien jamais loué entre départ et vente + résidence UE/EEE. CAA Versailles 18/05/2023 n°21VE02336 : même un bail précaire de 3 mois détruit l'exo. À respecter scrupuleusement.
Exo 2 — première cession d'un logement en France (150 U II 2° al. 2)
Exonération plafonnée à 150 000 € de PV nette par cédant (300 000 € pour un couple), une seule fois, sous conditions : ressortissant UE/EEE + domiciliation fiscale française continue ≥ 2 ans à un moment antérieur + cession dans les 10 ans du départ (ou sans délai si libre disposition depuis 1 an). CE 5 juillet 2023 n°464928 : les 2 années peuvent être non continues si elles cumulent 24 mois pleins.
Représentant fiscal > 150 000 € : bien plus qu'un coût — une obligation strictement encadrée depuis le décret n° 2025-502 du 6 juin 2025
Dividendes, intérêts, plus-values mobilières
Les dividendes français subissent la nouvelle retenue 12,8 % depuis 2026 (voir section 5). Les intérêts obligataires français sont généralement exonérés en France sauf mention contraire (principe article 125 A CGI). Les plus-values mobilières non-qualifiées (en dessous de 25 %) sont exonérées en France pour les non-résidents (art. 244 bis B CGI a contrario — le texte ne vise que les cessions ≥ 25 % de droits sociaux) — elles sont imposées dans votre pays de résidence.
EXONÉRATION PS SUR PV MOBILIÈRES NON-RÉSIDENTS Plus-value mobilière non-qualifiée + non-résident fiscal = 0 % imposition France C'est la seule catégorie où la France renonce totalement à imposer. Énorme avantage pour expatriés avec compte-titres.
Assurance-vie : régime spécifique
L'assurance-vie française conserve son statut privilégié en non-résident. Rachats après 8 ans : abattement 4 600 €/9 200 € + 7,5 % ou 12,8 %. Aucun prélèvement social si vous êtes affilié à un régime étranger (régime européen ou convention bilatérale). En cas de décès, l'article 990 I CGI reste applicable : abattement 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 %.
L'AV (assurance-vie) luxembourgeoise pour expatriés
Loyers, dividendes, AV, pensions : chaque flux français a sa convention, son taux, son pli
Cartographier vos revenus français, appliquer la bonne convention, arbitrer PEA ou AV luxembourgeoise : un CGP indépendant chiffre votre imposition réelle 2026 avant toute déclaration.
4. Le taux minimum 20 % / 30 % (art. 197 A CGI)
Maintenant qu'on connaît les revenus imposables, comment sont-ils taxés ? C'est là qu'entre en scène la règle la plus emblématique — et la plus mal comprise — de la fiscalité des non-résidents. L'idée est simple : on applique d'abord le barème progressif classique (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) ; puis on compare au plancher de 20 % / 30 %; on retient le plus élevé des deux. Pourquoi ce plancher ? Parce que les non-résidents ne paient pas d'impôt français sur leurs revenus mondiaux, mais seulement sur leurs revenus français — l'administration considère qu'ils bénéficient d'un « avantage » et applique donc un plancher d'imposition.
Bonne nouvelle — l'option « taux moyen mondial »
Le mécanisme expliqué simplement
L'administration calcule votre impôt de deux manières et retient la plus élevée :
- Barème progressif normal (tranches 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) appliqué à vos revenus français.
- Taux minimum : 20 % jusqu'à 29 579 € (revenus 2025, déclaration 2026) et 30 % au-delà.
Le seuil 29 579 € (revenus 2025)
Ce seuil est revalorisé chaque année. Pour les revenus 2025 (déclarés en 2026), il s'élève à 29 579 €. En DOM (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Guyane, Mayotte), les taux sont réduits : 14,4 % jusqu'au seuil, 20 % au-delà.
L'option taux moyen : quand est-elle gagnante ?
L'article 197 A alinéa 3 autorise une option précieuse : demander que le taux appliqué à vos revenus français corresponde au taux moyen qui serait le vôtre si vous étiez résident avec vos revenus mondiaux. Concrètement, si votre taux moyen mondial théorique est de 14 %, vous pouvez demander qu'on l'applique à vos revenus français au lieu du 20 % minimum.
CALCUL DU TAUX MOYEN (OPTION ART. 197 A AL. 3) Taux moyen = Impôt théorique sur revenus mondiaux / Total des revenus mondiaux → Appliqué uniquement aux revenus français Il faut joindre le formulaire 2047 et des justificatifs de vos revenus étrangers (bulletins, avis fiscal étranger traduit).
Concrètement, cette option est gagnante dès que votre taux moyen est inférieur à 20 %. Cas typiques où elle fonctionne bien : retraités à pensions modestes, cadres à revenus mondiaux moyens, expatriés avec grosse famille (quotient familial élevé).
Cas pratique chiffré — Thomas, cadre expatrié à Singapour
Thomas, 39 ans, développeur senior parti à Singapour en 2023, perçoit 50 000 € de revenus français (dividendes France) et 80 000 € de salaires singapouriens. Il est célibataire sans enfant.
| Scénario | Taux appliqué | Impôt français sur 50 000 € |
|---|---|---|
| Taux minimum 20 %/30 % | 20 % jusqu'à 29 579 €, 30 % ensuite | 5 916 € + 6 126 € = 12 042 € |
| Option taux moyen (revenus mondiaux 130 k€) | Taux moyen ≈ 24 % | 12 000 € (quasi-équivalent) |
| Option taux moyen si marié 2 enfants | Taux moyen ≈ 17 % | 8 500 € (économie de 3 500 €) |
Concrètement, pour un célibataire, l'écart est mince. Pour une famille, l'option devient clairement gagnante. Nous simulons systématiquement les deux hypothèses pour nos clients.
Simulateur taux minimum vs taux moyen : notre méthode
DOM : barème spécifique
Dans les départements d'outre-mer, le taux minimum est abaissé : 14,4 % jusqu'à 29 579 €, puis 20 % au-delà. Cela reflète le niveau de vie local. Applicable aussi bien aux Français vivant à l'étranger et détenant des biens DOM qu'aux étrangers investissant en Martinique ou à La Réunion.
Le régime « non-résident Schumacker » : le secret le mieux gardé
C'est l'angle mort de 9 guides sur 10. Pourtant, il peut faire économiser plusieurs milliers d'euros par an au bon profil. Le régime « non-résident Schumacker » tire son nom de l'arrêt fondateur CJUE 14 février 1995, Schumacker, C-279/93: si vous tirez la quasi-totalité (≥ 75 %) de vos revenus d'un seul État membre, cet État doit vous traiter comme un résident pour les avantages personnels et familiaux — parce que votre État de résidence n'a pas assez de matière imposable pour vous les accorder.
Depuis la LF 2019, l'administration française transpose cette jurisprudence via l'article 197 A alinéa 1 CGI et la doctrine BOI-IR-DOMIC-40. Conditions cumulatives :
- Résidence dans un État UE, EEE (Islande, Norvège, Liechtenstein) ou Suisse (via ALCP) ;
- Revenus de source française ≥ 75 % de vos revenus mondiaux imposables (ou ≥ 50 % si vos revenus sont « insuffisamment imposés » dans l'État de résidence) ;
- Pas d'avantage familial équivalent dans l'État de résidence.
Si vous cochez ces trois cases, bonne nouvelle : vous pouvez revendiquer l'assimilation au résident fiscal français. Conséquences :
Ce que vous gagnez
Barème progressif classique 0-45 % (plus de taux minimum 20/30 %). Quotient familial plein (parts conjoint + enfants). Réductions et crédits d'impôt : dons art. 200, emploi à domicile art. 199 sexdecies, PER, Madelin IR-PME, garde d'enfants, Pinel/Denormandie. Abattement 10 % pensions/salaires. Déficit foncier imputable 10 700 €/21 400 € (LF 2026).
Ce que cela implique
Démarche annuelle via 2042-NR + 2047, attestation fiscale étrangère traduite détaillant vos revenus mondiaux. Non automatique. Refus administratif possible sur discussion du seuil 75 %. Le statut peut être acquis une année et perdu l'année suivante (seuils évolutifs).
ILLUSTRATION — COUPLE MARIÉ 2 ENFANTS RÉSIDENT BELGIQUE Salaires France : 80 000 € Revenus Belgique : 15 000 € Part France / mondial : 84,2 % (≥ 75 % ✓ Schumacker) Sans Schumacker (taux minimum) : 80 000 € × 20 % = 16 000 € IR France (PS 0 % car EEE affiliés) Avec Schumacker (barème + 3 parts) : Quotient 80 000 / 3 = 26 667 € IR par part ≈ 1 250 €, × 3 parts ≈ 3 750 € Réduction emploi à domicile (6 000 € plafond) ≈ -3 750 € IR final ≈ 0 € ÉCONOMIE ANNUELLE : ~16 000 €/an
Qui doit y penser ?
Schumacker en 30 secondes : arbre de décision
SUIS-JE ÉLIGIBLE AU RÉGIME SCHUMACKER ?
┌ Q1 : Ma résidence fiscale est-elle dans l'UE, l'EEE ou en Suisse ?
│ └─ Non → STOP. Non éligible (Dubaï, UK post-Brexit hors affilié NHS, USA,
│ Maroc, Singapour : exclus).
│ └─ Oui ↓
│
├ Q2 : Mes revenus de source française représentent-ils ≥ 75 % de mes
│ revenus mondiaux imposables (ou ≥ 50 % si insuffisamment imposés
│ dans l'État de résidence) ?
│ └─ Non → STOP. Taux minimum 20/30 % appliqué (régime NR classique).
│ └─ Oui ↓
│
├ Q3 : Mon État de résidence m'accorde-t-il déjà les avantages familiaux
│ équivalents (quotient, crédits impôt) ?
│ └─ Oui → STOP. Pas de cumul (principe anti-double bénéfice).
│ └─ Non ↓
│
└ ✓ ÉLIGIBLE SCHUMACKER : barème progressif FR + quotient familial +
réductions/crédits d'impôt (dons, emploi à domicile, PER, Pinel…).
À activer dans la déclaration 2042-NR (+ attestation fiscale traduite).Taux minimum 20/30 % ou taux moyen mondial : la bonne option ne se devine pas
L'option art. 197 A suppose de connaître son taux mondial effectif, son état de résidence et sa composition de revenus. On simule les deux scénarios pour activer le plus bas légal.
5. Comment fonctionne la retenue à la source 12,8 % sur dividendes ? (art. 119 bis CGI)
Si vous êtes actionnaire d'une société française cotée (TotalEnergies, LVMH, Air Liquide, etc.) ou non cotée (votre ancienne SAS), vos dividendes français subissent une retenue à la source (ou RAS : le fisc prélève directement sur le dividende avant qu'il n'arrive sur votre compte) de 12,8 %. Ce taux s'applique depuis le 1erjanvier 2018 (LF 2018 art. 28, qui l'a aligné sur le PFU résident). La vraie nouveauté de 2026 n'est pas le taux, mais les modalités procédurales.
Ce qui change au 01/01/2026 (précisions conventionnelles)
Attention : le 12,8 % n'est PAS nouveau en 2026
Notion de « bénéficiaire effectif » : nouvelle arme anti-CumCum
Mécanique "retenue puis remboursement"
Votre teneur de compte français (courtier, banque) applique automatiquement la retenue 12,8 % au versement du dividende. Si la convention bilatérale prévoit un taux inférieur (10 % avec la Belgique, 15 % avec le Royaume-Uni, 15 % avec les USA sur actions non qualifiées), vous devez demander le remboursement de l'excédent a posteriori.
EXEMPLE DE SURIMPOSITION TEMPORAIRE Dividende brut : 10 000 € Retenue FR appliquée : 12,8 % = 1 280 € Taux conventionnel (ex. convention UK) : 15 % (mais la convention limite à 15 %, donc pas de remboursement ici) Cas convention favorable (ex. USA actions qualifiées) : Retenue FR : 12,8 % = 1 280 € Taux conventionnel : 0 % (rare) Remboursement à demander : 1 280 € Dans la plupart des conventions, le taux conventionnel est supérieur ou égal à 12,8 %. La retenue FR se contente donc d'imputer le plafond conventionnel.
Procédure formulaire 5000 / 5001
La demande de remboursement ou de réduction à la source passe par deux formulaires standardisés :
- Formulaire 5000 : attestation de résidence fiscale, certifiée par votre administration fiscale étrangère (timbre + signature).
- Formulaire 5001 : réclamation de l'excès de retenue, indiquant le taux conventionnel applicable.
Deux voies possibles : soit transmettre ces formulaires à votre teneur de compte français avant le versement (demande de réduction à la source, rapide), soit les envoyer au SIPNR (Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents) après le versement pour remboursement (plus lent).
Astuce procédurale : versions 5000-EN et 5001-EN
Délais réels : 6 à 18 mois
Impact trésorerie sous-estimé
Stratégies de logement des dividendes
Face à cette contrainte, plusieurs arbitrages deviennent pertinents :
PEA maintenu (très favorable)
Exonération totale IR après 5 ans. Seuls PS 17,2 % (ou 7,5 % EEE) restent. Aucune retenue à la source sur dividendes au sein du PEA.
Assurance-vie luxembourgeoise (optimal > 500 k€)
Capitalisation en franchise fiscale au Luxembourg. Taxation uniquement au rachat. Supports en devises et fonds dédiés.
Holding étrangère (cas spécifiques)
Permet parfois de bénéficier d'une convention plus favorable. Attention à l'article 123 bis CGI (anti-abus).
Concrètement, pour un expatrié avec un portefeuille d'actions françaises significatif, la logique est presque toujours : maximiser le PEA (150 000 € de plafond), basculer le reste sur AV luxembourgeoise, conserver un compte-titres résiduel pour les arbitrages courts.
Retenue 12,8 %, formulaires 5000/5001, PEA ou AVL : quelle enveloppe choisir ?
Entre retenue à la source, crédit d'impôt conventionnel et arbitrage compte-titres/PEA/AV luxembourgeoise, plusieurs solutions coexistent. On trace celle qui correspond à votre profil.
5 bis. Quels taux de retenue sur vos salaires et pensions ? (art. 182 A CGI)
Dividendes mis à part, la plupart des non-résidents ont aussi des salaires français (missions ponctuelles, jetons de présence, stock-options) ou des pensions versées par une caisse française. Pour ces flux, un dispositif propre s'applique : la retenue de l'article 182 A CGI. Son originalité ? Une mécanique en trois tranches, dont une partie est libératoire, et une autre qui reste un simple acompte.
Le barème 2026 (BOI-BAREME-000043, ACTU-2026-00021)
| Tranche annuelle 2026 | Taux applicable | Caractère | Observation |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à ~16 820 € | 0 % | Aucune imposition | Exonération pour les revenus modestes |
| De ~16 821 € à ~48 790 € | 12 % | Libératoire | Aucune régularisation — l'impôt est purgé |
| Au-delà de ~48 790 € | 20 % | Acompte | Réintégré à la 2042-NR, taux minimum 20/30 % possible |
| DOM (Guadeloupe, Martinique, La Réunion) | 0 / 8 / 14,4 % | — | Barème réduit spécifique |
| DOM (Guyane, Mayotte) | 0 / 8 / 16,8 % | — | Idem |
Les seuils sont revalorisés chaque année par arrêté (les valeurs ci-dessus reflètent la publication BOFiP 2026). Le barème s'applique après abattement de 10 % pour frais professionnels sur les salaires et pensions.
Le piège de la tranche libératoire
Petit détail qui change tout : la tranche 12 % est libératoire, pas la tranche 20 %
Cas particuliers à connaître
- Mandataires sociaux (jetons de présence, rémunérations dirigeants) : retenue art. 182 B au taux de 25 % (aligné sur l'IS). 75 % si le bénéficiaire réside en ETNC (voir section 9 bis). Depuis la LFR 2020 (conformité CJUE), un abattement de 10 % pour frais professionnels est accordé aux résidents UE/EEE.
- Stock-options et AGA : le gain d'acquisition (AGA, art. 80 quaterdecies) et le gain de levée (SO) sont soumis à 182 A si l'activité a été exercée en France. La plus-value de cession relève ensuite de l'art. 244 bis B ou 150-0 A selon la qualification.
- Pensions de retraite : même barème 0/12/20 %. Mais attention, la convention bilatérale attribue souvent l'imposition exclusive à l'État de résidence (Portugal, Espagne, Belgique, Suisse pour les pensions privées). Dans ce cas, pas de retenue 182 A : la caisse de retraite applique directement le taux conventionnel (souvent 0 %) sur présentation du formulaire 5000.
- Aucun représentant fiscal requis : la retenue 182 A est opérée par le débiteur français (employeur, caisse), qui est seul solidairement tenu.
5 ter. Prélèvements sociaux non-résident : la matrice 7,5 / 17,2 / 18,6 %
Les prélèvements sociaux (CSG + CRDS + prélèvement solidarité) sont sans doute le sujet le plus mal compris de la fiscalité des non-résidents. Pourtant, entre un frontalier affilié suisse et un expatrié à Dubaï, l'écart peut atteindre 10 points sur des revenus fonciers. Posons la matrice proprement, car la LFSS 2026 vient d'en redéfinir les contours.
LFSS 2026 : la hausse CSG de 1,4 point (revenus mobiliers uniquement)
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 relève le taux de CSG sur les revenus du capital mobilier de 9,2 % à 10,6 %. Le prélèvement solidarité reste à 7,5 % et la CRDS à 0,5 %. Total pour les revenus mobiliers (dividendes, intérêts, PV mobilières, gains crypto) : 18,6 %. Les revenus fonciers et plus-values immobilières ne sont pas concernés par la hausse : ils restent à 17,2 %. Distinction fondamentale à avoir en tête.
La matrice à garder en tête
| Profil | Revenus fonciers / PV immo | Revenus mobiliers (LFSS 2026) | Fondement |
|---|---|---|---|
| NR UE/EEE affilié SS locale (attestation A1/S1) | 7,5 % | 7,5 % | CJUE De Ruyter C-623/13 + LFSS 2019 |
| NR Suisse affilié LAMal (ALCP) | 7,5 % | 7,5 % | De Ruyter + Jahin C-45/17 (via ALCP) |
| NR UK affilié NHS (post-Brexit) | 7,5 % | 7,5 % | Accord FR-UK du 24/12/2020 (Trade and Cooperation Agreement) + doctrine BOFiP-RSA-GEO-40-10 |
| NR pays tiers (Dubaï, Singapour, USA...) | 17,2 % | 18,6 % | Régime plein |
| NR UE mais affilié SS française (rare) | 17,2 % | 18,6 % | Pas de De Ruyter si affilié FR |
| NR ETNC | 17,2 % | 18,6 % | + retenue 75 % sur dividendes art. 187 |
La chaîne jurisprudentielle qu'il faut connaître
- CJUE 26/02/2015, De Ruyter, C-623/13 — principe fondateur : les PS français sont des « contributions sociales » au sens du règlement 883/2004. Un affilié EEE échappe donc à la CSG/CRDS sur ses revenus du patrimoine français.
- LFSS 2016 puis LFSS 2019 — réaction du législateur : exonération CSG/CRDS pour affiliés EEE/Suisse, mais maintien du prélèvement solidarité 7,5 % (art. 235 ter CGI, alimentant le Fonds de solidarité vieillesse — non considéré comme « contribution de sécurité sociale »).
- CJUE 18/01/2018, Jahin, C-45/17 — limite : les résidents de pays tiers non couverts par le règlement 883/2004 ne bénéficient pas de De Ruyter. Maintien des 17,2 % pleins.
- CJUE 14/03/2019, Dreyer, C-372/18 — extension du raisonnement aux prestations CNSA (APA/PCH).
- Accord FR-UK 24/12/2020 (Trade and Cooperation Agreement post-Brexit) — confirme que les résidents UK affiliés NHS continuent de bénéficier du taux réduit 7,5 % en tant qu'assurés du système de sécurité sociale britannique (doctrine BOFiP-RSA-GEO-40-10).
Délai de réclamation : 3 ans
PS 17,2 % prélevés par erreur : vous avez 3 ans pour réclamer le trop-perçu
Affiliés EEE, Suisse ou UK-NHS : la jurisprudence De Ruyter et l'accord Brexit 2020 plafonnent vos PS à 7,5 %. Un CGP construit le dossier A1/S1/LAMal et suit la réclamation contentieuse.
6. Comment les conventions fiscales bilatérales réduisent-elles votre fiscalité ?
Vous l'avez croisée plusieurs fois depuis le début : la fameuse « convention ». Posons-la proprement. Une convention fiscale est un traité entre deux États. Son rôle : éviter la double imposition et répartir le droit d'imposer entre pays de source (où le revenu naît) et pays de résidence (où vit le contribuable). La France a signé 120 conventions actives en 2026 (liste officielle BOI-ANNX-000306). Pour les successions, seulement 32 couvrent aussi le volet successoral — gros trou pour 90 pays.
120 conventions actives, 32 successorales
Le modèle de référence est le modèle OCDE. La plupart des conventions françaises suivent ce schéma, avec des variantes. Depuis le 1er janvier 2019, la France applique aussi l'instrument multilatéral BEPS (pour Base Erosion and Profit Shifting, « érosion de la base fiscale et transfert de bénéfices » : un accord international anti-évasion signé le 7 juin 2017) qui modifie mécaniquement 60+ conventions pour lutter contre l'évasion fiscale.
Tableau des 15 pays-clés
| Pays | Dividendes (RAS) | Intérêts (RAS) | Pensions privées | Plus-values mobilières |
|---|---|---|---|---|
| Suisse (1966) | 15 % (0 % sociétés mère-fille ≥ 10 %) | 0 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Belgique (1964, nouvelle 2021 non ratifiée) | 15 % | 15 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Luxembourg (2018) | 15 % (0 % sociétés ≥ 5 % sur 365 j) | 0 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Allemagne (2015) | 15 % (5 %) | 0 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Italie (1989) | 15 % (5 %) | 10 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Espagne (1995) | 15 % (0 % partic. ≥ 10 %) | 10 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Portugal (1971/2017) | 15 % | 12 % | Pays de résidence (FR si pub.) | Pays de résidence |
| Royaume-Uni (2008) | 15 % (0 % partic. ≥ 10 %) | 0 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| USA (1994) | 15 % (5 % partic. ≥ 10 %) | 0 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Canada (1975) | 15 % (5 %) | 10 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Émirats A.U. (1989) | 0 % | 0 % | Source (France) | Pays de résidence |
| Singapour (2015) | 15 % (5 %) | 10 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Maroc (1970) | 15 % | 10 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Tunisie (1973) | 15 % | 12 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
| Hong Kong (2010) | 10 % | 10 % | Pays de résidence | Pays de résidence |
Concrètement, le taux « RAS dividendes » indique le plafond que la France peut appliquer en source. Si la convention dit 15 % et que la France retient 12,8 %, pas de remboursement. Si la convention dit 5 % et que la France retient 12,8 %, vous pouvez demander 7,8 points en remboursement.
Dénonciations 2024-2025 : Biélorussie, Burkina, Mali, Niger + conventions en attente
En 2024-2025, la France a dénoncé ou suspendu ses conventions avec :
| Pays | Acte | Effet |
|---|---|---|
| Burkina Faso | Dénonciation (avis MAE 21/06/2024) | Cessation 08/11/2023 — dénonciation plein effet 01/01/2025 |
| Mali | Dénonciation | Cessation 05/03/2024 — effet 01/01/2025 |
| Niger | Suspension/dénonciation | Cessation 05/06/2024 |
| Biélorussie | Suspension unilatérale (dividendes, intérêts, biens) | 01/06/2024 → 31/12/2026 |
Pour les contribuables concernés, c'est le retour au droit commun français : taux minimum 20 %/30 %, retenue 12,8 % pleine, aucun plafond conventionnel. Impact direct.
Conventions signées mais non ratifiées à avril 2026
Deux textes majeurs restent en attente de ratification — l'ancienne convention continue donc de s'appliquer :
- Convention FR-Belgique du 09/11/2021 (revenus et fortune) : non ratifiée à ce jour. L'ancienne convention du 10/03/1964 reste applicable. La convention spécifique aux successions du 20/01/1959 demeure en vigueur.
- Convention FR-Finlande 2023 : non ratifiée. L'ancienne convention continue de s'appliquer.
Télétravail frontalier : le seuil change selon le pays
Sujet majeur post-COVID : jusqu'où pouvez-vous télétravailler depuis votre pays de résidence sans remettre en cause votre imposition dans le pays d'exercice ? La réponse dépend de chaque convention ou accord amiable, et les seuils varient fortement.
| Pays d'exercice | Seuil télétravail France autorisé | Source |
|---|---|---|
| Suisse | 40 % du temps de travail (pérennisé) | Avenant convention 9/09/1966 — accord amiable 27/06/2023 |
| Luxembourg | 34 jours/an | Avenants convention 2018 (2020, 2022) |
| Belgique | 34 jours/an (accord 31/03/2021 non ratifié) | Tolérance administrative |
| Allemagne | 34 jours/an (accord 07/2023) | Convention 1959 + accord amiable télétravail 2023 |
URSSAF : attention au seuil des 25 % (règlement 883/2004)
Matrice conventionnelle : qui impose quoi, par type de revenu
La majorité des concurrents empile les règles conventionnelles pays par pays. Personne ne propose la matrice inverse (par type de revenu), alors que c'est ainsi que raisonne le fisc. Voici la grille maîtresse, fondée sur le modèle OCDE 2017 (articles cités) et les principales conventions françaises.
| Type de revenu | Règle OCDE par défaut | Exceptions fréquentes |
|---|---|---|
| Revenus immobiliers (art. 6 OCDE) | Imposition dans l'État où se situe le bien | Aucune (règle impérative) |
| Bénéfices d'entreprise (art. 7) | État de résidence, sauf établissement stable | Établissement stable permanent ou projet > 6 mois |
| Dividendes (art. 10) | Imposition partagée, plafond conventionnel | FR-UAE : 0 %, FR-UK : 15 %/0 %, FR-USA : 15 %/5 % |
| Intérêts (art. 11) | Imposition partagée, plafond conventionnel | FR-UE (directive 2003/49) : 0 % mère-fille, FR-CH : 0 % |
| Redevances / royalties (art. 12) | Plafond conventionnel | FR-UE : 0 %, FR-US : 0 %, FR-IT : 5 % |
| Plus-values mobilières (art. 13) | État de résidence (principe) | Participation ≥ 25 % : règle dérogatoire possible |
| Plus-values immobilières (art. 13) | État du bien | Sociétés à prépondérance immobilière : idem (clauses modernes) |
| Salaires (art. 15) | État d'exercice, sauf mission ≤ 183 j/12 mois + employeur hors État | Règle des 183 jours glissants |
| Tantièmes, jetons (art. 16) | État du siège de la société | Impérative |
| Artistes et sportifs (art. 17) | État de la prestation | Impérative |
| Pensions privées (art. 18) | État de résidence | FR-DE, FR-ES (> 25 k€) : État source |
| Pensions publiques (art. 19) | État source (verseur) | Sauf nationalité + résidence combinées |
| Étudiants / stagiaires (art. 20) | Exonération réciproque sous conditions | Durée limitée 2-5 ans selon convention |
Règle des 183 jours : attention au calcul glissant
Instrument multilatéral BEPS
L'Instrument Multilatéral (IM, BEPS Action 15) est entré en vigueur pour la France le 1erjanvier 2019. Il introduit notamment une clause anti-abus générale (Principal Purpose Test) : si le but principal d'une structure est d'obtenir un avantage conventionnel, la convention peut être refusée. Conséquence concrète : fin des schémas de chalandage fiscal (treaty shopping) via sociétés-boîtes aux lettres dans des pays tiers.
Votre convention bilatérale change tout, y compris sur les pensions publiques
Règle des 183 jours glissants, clause anti-abus BEPS, tie-breaker rules, traitement spécifique de l'AV ou des pensions : on lit ligne par ligne la convention avant tout mouvement.
7. IFI non-résident (art. 964 CGI)
Après les revenus, penchons-nous sur le patrimoine. Bonne nouvelle pour les expatriés : l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI, c'est l'ex-ISF recentré sur la pierre depuis 2018) ne touche, en non-résident, que vos biens immobiliers situés en France. Vos immeubles étrangers (résidence à Lisbonne, maison au Portugal, appartement à Dubaï) sont hors assiette. Le seuil (1,3 M€) et le barème (0,5 % à 1,5 %) sont identiques aux résidents — mais l'assiette, elle, est structurellement plus petite. C'est l'un des vrais avantages cachés du statut non-résident pour tout patrimoine mixte France/étranger.
Assiette : biens France uniquement
L'article 964 CGI vise les biens et droits immobiliers situés en France, détenus directement ou via des sociétés (SCI, SCPI, OPCI). Seuil d'entrée : valeur nette taxable > 1 300 000 € au 1er janvier. Barème progressif de 0,5 % à 1,5 %.
Concrètement, si vous vivez à Lisbonne mais possédez deux appartements parisiens valorisés 1,5 M€, l'IFI s'applique sur la part > 1,3 M€ (au barème progressif). En revanche, votre villa au Portugal, même à 2 M€, reste totalement hors champ. C'est un avantage structurel du statut non-résident.
Seuil 1,3 M€ : qui est concerné ?
Patrimoines immobiliers français concernés : résidences secondaires de luxe (Paris 16e, Côte d'Azur), parcs locatifs importants (10+ biens), investisseurs SCPI sur gros tickets. En pratique, beaucoup d'expatriés à patrimoine moyen ne sont pas redevables : leur résidence principale est à l'étranger, et leurs biens français ne dépassent pas le seuil.
Cas Monaco (exception)
Les résidents monégasques (Français installés à Monaco) sont traités par la convention bilatérale franco-monégasque de 1963 comme des résidents fiscaux français pour l'IR, mais comme non-résidents standards pour l'IFI. Situation hybride, à maîtriser pour éviter une double assiette.
Démembrement et SCI
Deux stratégies classiques pour optimiser l'IFI non-résident :
- Démembrement de propriété : donner la nue-propriété à ses enfants, ne garder que l'usufruit. L'IFI est alors supporté par l'usufruitier sur la valeur en pleine propriété, mais permet d'anticiper la transmission.
- SCI à l'IS : transforme des biens immobiliers en titres de société. Attention : l'article 965 CGI requalifie en immobilier toute SCI à prépondérance immobilière, l'optimisation est limitée.
Barème IFI 2026 et décote 1,3 M€ → 1,4 M€
Rappel utile car l'IFI reste identique pour les résidents et les non-résidents : barème progressif à 6 tranches (art. 977 du CGI), avec une décote appliquée entre 1,3 M€ et 1,4 M€ pour lisser l'effet de seuil.
| Tranche de patrimoine net taxable | Taux |
|---|---|
| ≤ 800 000 € | 0 % |
| 800 001 € → 1 300 000 € | 0,5 % |
| 1 300 001 € → 2 570 000 € | 0,7 % |
| 2 570 001 € → 5 000 000 € | 1 % |
| 5 000 001 € → 10 000 000 € | 1,25 % |
| > 10 000 000 € | 1,5 % |
DÉCOTE IFI POUR PATRIMOINES ENTRE 1,3 M€ ET 1,4 M€ Décote = 17 500 − (1,25 % × valeur nette taxable) À 1,3 M€ : décote = 1 250 € (IFI brut 2 500 € → net 1 250 €) À 1,4 M€ : décote = 0 € (IFI plein 3 200 € = 2 500 € + 100 000 × 0,7 %)
Fenêtre IFI 5 ans pour impatriés (art. 964 1° bis CGI)
Levier majeur rarement cité par les concurrents. Les personnes qui s'installent (ou se réinstallent) en France après cinq années civiles complètes de non-résidence bénéficient pendant cinq ans d'un IFI limité aux biens immobiliers situés en France. Leurs immeubles étrangers (villa à Marrakech, appartement à Londres, résidence secondaire en Suisse) sont hors assiette. Dispositif très puissant pour les dirigeants revenant avec des biens à l'étranger.
Combinable avec le régime impatrié art. 155 B CGI (voir section 12) : exonération de la prime d'impatriation (forfait 30 % max de la rémunération ou évaluation réelle) + 50 % des revenus passifs étrangers. Le couple art. 155 B + art. 964 1° bis peut représenter 150 à 400 k€ d'économie fiscale sur la fenêtre 5 ans.
SCI luxembourgeoise et structures d'interposition : Cass. com. 2 avril 2025
Cass. com. 2 avril 2025 — la SCI luxembourgeoise ne fait plus écran IFI
Décision majeure (Cass. com. 02/04/2025) : les parts d'une société civile luxembourgeoise détenant de l'immobilier français sont des biens immobiliers situés en France au sens de la convention franco-luxembourgeoise de 1958, donc taxables à l'IFI— nonobstant l'absence de clause « société à prépondérance immobilière » dans la convention. Fin du schéma classique d'interposition via SCI luxembourgeoise.
La solution est transposable à d'autres conventions anciennes sans clause moderne (Belgique 1964, ancienne convention Allemagne 1959 modifiée 2015). Les structurations passées doivent être auditées — risque redressement sur 3 ans avec pénalité 40 % si absence de bonne foi caractérisée. Le Rapport CADF 2024 signale une hausse des saisines sur ces montages.
UC immobilières et art. 972 bis CGI : l'exception < 20 %
Angle peu exploité : l'article 972 bis CGI (introduit LF 2024) exonère d'IFI les parts de sociétés ou unités de compte (UC) lorsque la fraction immobilière représente moins de 20 % de la valeur du contrat. Concrètement, un contrat d'assurance-vie luxembourgeoise avec 15 % de SCPI en UC peut sortir intégralement de l'assiette IFI. Très utile pour les impatriés fortunés (cumul avec fenêtre 5 ans).
Cas pratique — couple expatrié Dubaï, 3 biens parisiens
PATRIMOINE IFI FR : 3 appartements Paris (valeur nette 2 800 000 €) Base IFI 2026 = 2 800 000 € Résidence principale : N/A (non-résidents par définition) Barème art. 977 : - 0 → 800 k€ : 0 € - 800 k€ → 1,3 M€ (500 k × 0,5 %) : 2 500 € - 1,3 → 2,57 M€ (1,27 M × 0,7 %) : 8 890 € - 2,57 → 2,8 M€ (230 k × 1,0 %) : 2 300 € IFI brut : 13 690 € Plafonnement 75 % revenus mondiaux : non applicable aux non-résidents (art. 979 CGI — angle souvent oublié)
Angle différenciant : plafonnement IFI 75 % réservé aux résidents
Consultez notre guide complet optimisation IFI 2026 pour les stratégies détaillées.
IFI non-résident : sans plafonnement 75 %, la facture peut dépasser 100 % du revenu fiscal
Démembrement, SCI IS française, apport, donation de la nue-propriété aux enfants résidents : plusieurs leviers existent pour réduire l'assiette. On compare les options applicables à votre patrimoine.
8. Comment votre succession est-elle imposée à l'étranger ? (art. 750 ter CGI)
C'est le chapitre où une mauvaise décision coûte 300 000 à 800 000 euros de droits — et où les familles découvrent le problème après le décès, quand il n'y a plus rien à corriger. Trois paramètres déterminent l'imposition : où vit le défunt, où vit chaque héritier, où se trouvent les biens. L'article 750 ter CGI énonce les règles de territorialité ; la difficulté vient du fait que ces règles entrent en concurrence avec celles du pays de résidence — et que seules 32 conventions fiscales successorales bilatérales existent. Pour 90 pays (Émirats, Singapour, Thaïlande…), aucune convention : risque de double imposition intégrale.
Pour un décryptage complet de l'article 750 ter CGI, du règlement UE 650/2012 (Bruxelles IV), de la règle des 6 ans sur 10, de l'article 784 A CGI (imputation), du prélèvement compensatoire art. 913 al. 3 C. civ. (LF 2021) et des 20 conventions fiscales bilatérales successorales (avec la dénonciation FR-Suisse 2015, le régime UK Long-Term Resident avril 2025 et l'estate tax US à 15 M$ OBBBA 2026), voir notre guide dédié Succession internationale 2026 : quel régime fiscal s'applique.
32 conventions seulement (gros trou pour 90 pays)
Sur les 120 conventions fiscales actives, seules 32 couvrent les successions. Autrement dit, si vous décédez résident d'un pays non conventionné (Dubaï, Singapour, Hong Kong n'ont pas de convention successorale avec la France), c'est le droit français interne qui s'applique seul — parfois avec double imposition.
Le trou successoral : 32 conventions sur 120 pays
3 situations selon où vit le défunt et où vivent les héritiers
| Situation | Assiette imposable en France | Règle |
|---|---|---|
| Défunt résident fiscal FR | Tous les biens (France et étranger) | Imposition mondiale + crédit d'impôt pour droits payés à l'étranger |
| Défunt non-résident, héritier résident FR depuis 6+ ans | Tous les biens (France et étranger) | Règle des 6 ans art. 750 ter 3° |
| Défunt non-résident, héritier non-résident | Uniquement les biens situés en France | Règle classique de territorialité |
Concrètement, la règle des 6 ans est un piège méconnu. Si vous vivez en France depuis plus de 6 des 10 dernières années et que vous héritez d'un parent décédé à Dubaï avec 5 millions d'euros placés aux USA, vous êtes imposable en France sur la totalité. Nombre d'expatriés de retour en France l'ignorent.
Table matricée : qui paie les droits sur quoi ?
Pour décider d'un coup d'œil, croisez la résidence du défunt avec celle de chaque héritier et la localisation du bien :
| Résidence défunt | Résidence héritier | Localisation du bien | Pays imposant |
|---|---|---|---|
| France | France | France ou étranger | France (mondial) + crédit d'impôt 784 A |
| France | Étranger | France ou étranger | France (mondial) + crédit 784 A |
| Étranger | France (≥ 6 ans sur 10) | France ou étranger | France (mondial, règle des 6 ans) |
| Étranger | France (< 6 ans sur 10) | France | France (territorialité) |
| Étranger | France (< 6 ans sur 10) | Étranger | Pays du lieu du bien uniquement |
| Étranger | Étranger | France | France (territorialité) |
| Étranger | Étranger | Étranger | Hors champ français |
DROITS DE SUCCESSION EN LIGNE DIRECTE (art. 779 I + 777 CGI) Abattement parent → enfant : 100 000 € (renouvelable tous les 15 ans) Barème progressif après abattement (par enfant) : ≤ 8 072 € → 5 % 8 072 → 12 109 € → 10 % 12 109 → 15 932 € → 15 % 15 932 → 552 324 € → 20 % 552 324 → 902 838 € → 30 % 902 838 → 1 805 677 € → 40 % > 1 805 677 € → 45 %
Cas pratiques pays par pays
- Succession FR-Suisse : la convention bilatérale de 1953 a été dénoncée unilatéralement par la France (effet au 1er janvier 2015). Depuis, c'est le droit français interne qui s'applique seul sur les successions franco-suisses. Héritiers résidents français d'un défunt suisse : imposition sur les biens mondiaux (règle des 6 ans). Fiscalement souvent défavorable — planification anticipée indispensable.
- Succession FR-Belgique : convention de 1959 maintenue (la nouvelle convention franco-belge de 2021 n'a pas de volet successoral). Règles régionales belges (Flandre, Wallonie, Bruxelles) : taux ligne directe 3 à 30 % selon la région. En France : barème art. 777 CGI.
- Succession FR-USA : convention de 1978 (dernière version avenant 2004). Mécanismes de crédit d'impôt croisés, step-up basis américain (valeur d'actif ré-évaluée au décès), federal estate tax (abattement 13,61 M$ en 2026 pour les résidents US).
- Succession FR-Monaco — Cass. Ass. plén. 2023-2024 (règle de raison) : une société monégasque détenant un immeuble français au décès d'un résident monégasque est imposée comme un bien immobilier français (écran sociétaire neutralisé). Forte limitation des interpositions.
Piège Estate tax fédérale US pour non-résidents — 60 000 $ d'abattement seulement
Concrètement: 1 M$ d'actions Apple détenues sur un CTO français peuvent déclencher ~376 000 $ d'estate tax US au décès, avant même les droits de succession français. Parade : loger les titres US via une holding hors US (art. 2103 IRC), ETF UCITS domiciliés en Irlande/Luxembourg (immunisés), ou assurance-vie française à clause bénéficiaire démembrée.
AV non-résident (art. 990 I)
L'assurance-vie conserve son régime favorable même en non-résident : abattement 152 500 € par bénéficiaire sur les versements avant 70 ans, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Article 757 B pour les versements après 70 ans (abattement global 30 500 € + droits classiques, gains exonérés — BOFiP 26/09/2024). L'AV luxembourgeoise se transmet de manière similaire, souvent avec des options de clauses bénéficiaires plus souples.
Primes manifestement exagérées (art. L.132-13 C. ass.) — Cass. 19/12/2024 n°23-19.110
Les héritiers peuvent contester le caractère « exagéré » des primes versées (réintégration à la succession). La Cour de cassation, dans un arrêt publié au bulletin du 19 décembre 2024 (2e civ. n°23-19.110), a tranché une question débattue : l'atteinte à la réserve héréditaire n'est PAS un critère pertinent pour apprécier le caractère manifestement exagéré. Seuls comptent l'âge de l'assuré, sa situation patrimoniale et familiale, et l'utilité du contrat pour lui-même, appréciés au jour du versement. Cet arrêt sécurise notablement les stratégies AV patrimoine élevé des non-résidents fortunés (et l'AV luxembourgeoise utilisée en transmission).
Attention à l'article 774 bis (LF 2024)
Dettes de quasi-usufruit : non déductibles depuis la LF 2024
32 conventions successorales seulement : au-delà, double imposition possible
Choix de loi applicable via le règlement européen 650/2012, AV luxembourgeoise transmission, clauses bénéficiaires, quasi-usufruit post-2024 : un CGP indépendant planifie la succession internationale avec vous.
9. Exit tax (art. 167 bis CGI)
Passons au sujet qui fait le plus parler — et le plus trembler — parmi les dirigeants qui envisagent l'expatriation. L'exit tax (littéralement « impôt de sortie ») a été créée en 2011 pour limiter les départs fiscalement motivés des dirigeants-actionnaires. Elle taxe les plus-values latentes (c'est-à-dire la prise de valeur théorique de vos titres, même sans vente réelle) sur les titres détenus, au moment du transfert de domicile fiscal à l'étranger — comme si vous les aviez vendus le jour du départ.
Rassurance — dans 90 % des cas, vous ne paierez rien (ou vous le récupérerez)
Seuils 800 k€ ou ≥ 50 % droits
Vous êtes concerné si, au jour de votre départ :
- La valeur globale de vos droits sociaux et valeurs mobilières dépasse 800 000 € ;
- OU vous détenez au moins 50 % des droits dans une même société (quel que soit le montant).
Concrètement, si vous détenez moins de 800 000 € de titres ET moins de 50 % d'une société, l'exit tax ne vous concerne pas — quel que soit le régime de durée. Le sujet est critique uniquement pour les dirigeants d'entreprise à forte participation. Pour la grande majorité des cadres expatriés, c'est une fausse alerte.
Délai de dégrèvement : le régime 2/5 ans est maintenu en 2026
Clarification — le retour à 15 ans n'a PAS été adopté par la LF 2026
L'amendement I-807 (député Jean-Philippe Tanguy) adopté par l'Assemblée nationale le 3 novembre 2025 en première lecture visait à rétablir le délai de 15 ans avant dégrèvement. Il a été écarté du texte final de la LF 2026 adoptée par 49.3 le 23 janvier 2026 et promulguée le 19 février 2026 (loi n° 2026-103, décision Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026). L'article 167 bis CGI conserve sa rédaction post-LF 2019.
Concrètement, les délais 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) et 5 ans (patrimoine ≥ 2,57 M€) sont maintenus. Les départs réalisés en 2026 bénéficient du même régime que les départs 2019-2025. Vigilance toutefois pour le PLF 2027 (discussion parlementaire automne 2026) : la majorité de députés favorable au durcissement observée en 2025 pourrait faire revenir le débat.
| Situation | Délai de dégrèvement | Condition |
|---|---|---|
| Patrimoine titres < 2,57 M€ | 2 ans | Conservation + non-résidence continue |
| Patrimoine titres ≥ 2,57 M€ | 5 ans | Conservation + non-résidence continue |
| Cession avant l'échéance | Aucun dégrèvement | Impôt définitivement dû |
| Retour en France avant échéance | Dégrèvement immédiat (art. 167 bis II-4 bis) | Sous conditions de conservation |
| Décès du contribuable | Dégrèvement total (art. 167 bis VII 1°) | Quelle que soit la date |
Taux 31,4 % (voire 34-35,4 % avec CEHR/CDHR)
CALCUL DE L'EXIT TAX
Socle : PFU 12,8 % + Prélèvements sociaux 17,2 %
= Taux global 30 %
Contributions additionnelles si très hauts revenus :
+ CEHR 3 % (> 250 k€ célibataire, > 500 k€ couple)
+ CEHR 4 % (> 500 k€ célibataire, > 1 M€ couple)
+ CDHR 2025-2026 : taux minimum 20 % du revenu fiscal de référence
pour foyers > 250 k€ (LF 2025, prorogée LF 2026)
Sursis automatique vers un État UE/EEE ou un État conventionné avec clause
d'assistance mutuelle. Sinon : paiement comptant ou garanties exigées (caution bancaire).Comment purger concrètement la plus-value latente ?
Cas chiffré : dirigeant avec 1 M€ de PV latente, départ 2026
PROFIL : Dirigeant SAS, 48 ans, prix de revient 200 k€, valeur actuelle 1 200 k€ → Plus-value latente : 1 000 000 € → Destination : Émirats (hors UE/EEE, convention d'assistance limitée) Exit tax théorique au jour du départ : - IR (PFU) : 1 000 000 × 12,8 % = 128 000 € - PS 17,2 % (hors affilié UE/EEE) = 172 000 € - CEHR (couple, RFR — Revenu Fiscal de Référence — ~1 M€) : 3 % sur (1 000 000 − 500 000) ≈ 15 000 € Total exit tax théorique ≈ 315 000 € Sursis : sur garanties (caution bancaire ~1 %/an = 3 080 €/an). Dégrèvement : 5 ans (patrimoine ≥ 2,57 M€) — régime 2/5 ans maintenu LF 2026. Si retour en France après 5 ans : dégrèvement automatique. Si cession avant 5 ans : impôt définitivement dû.
CE 5 février 2025 n° 476399 — la rétroactivité exit tax censurée
Stratégies (cession pré-départ, donations)
Trois leviers classiques pour limiter l'exit tax :
- Cession pré-départ : vendre ses titres avant le départ pour purger les plus-values en France au PFU 30 % (pas d'exit tax supplémentaire, mais imposition à l'IR française).
- Donation avant départ : donner les titres à ses enfants purge également la plus-value latente (pas d'exit tax sur titres donnés).
- Départ progressif : rester sous les seuils 800 k€ / 50 % via démembrement ou cession partielle.
À noter : l'or physique reste hors champ de l'exit tax(art. 167 bis visant les titres et participations), ce qui en fait un actif neutre et portable en cas d'expatriation, utilement complémentaire aux stratégies de cession ou donation pré-départ.
Dirigeant actionnaire : l'exit tax peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros
Seuils 800 k€ ou 50 %, sursis UE, cession pré-départ, donation avant départ, apport-cession : chaque levier se combine selon votre horizon et votre destination. On évalue l'exposition d'abord.
9 bis. ETNC : les destinations à ne jamais choisir (liste arrêté 18/04/2025)
Si vous envisagez un pays exotique, passez d'abord par cette vérification. Les ETNC — États et Territoires Non Coopératifs— font l'objet d'un régime fiscal aggravé, codifié à l'article 238-0 A CGI. Les conséquences d'un départ vers un ETNC sont telles qu'elles rendent l'opération systématiquement ruineuse pour un patrimoine français.
La liste 2026 (arrêté du 18 avril 2025, JO 7 mai 2025)
Au 1er août 2025, la liste française comprend 13 juridictions :
- Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Îles Turques-et-Caïques
- Vanuatu, Fidji, Palaos
- Guam, Îles Vierges américaines, Samoa américaines
- Panama, Samoa, Trinité-et-Tobago
- Russie (ajoutée en 2025)
Sorties 2025 : Bahamas, Belize, Seychelles. La liste française diverge parfois de la liste UE — toujours vérifier les deux.
Ce qui vous attend si vous vous installez en ETNC
| Disposition | Taux normal (non-ETNC) | Taux ETNC | Fondement |
|---|---|---|---|
| Retenue dividendes (art. 187) | 12,8 % | 75 % | Art. 187-2 CGI |
| Retenue intérêts (art. 125 A III) | 12,8 % | 75 % | Art. 125 A III CGI |
| Retenue prestations (art. 182 B) | 25 % | 75 % | Art. 182 B CGI |
| PV immobilières (art. 244 bis A) | 19 % + PS | 75 % | Art. 244 bis A CGI |
| PV participations substantielles (244 bis B) | 12,8 % | 75 % | Art. 244 bis B CGI |
| Charges versées vers ETNC (art. 238 A) | Déductibles | Non déductibles (présomption fictivité) | Art. 238 A CGI |
| PEA | Maintien possible | Clôture obligatoire | Loi PACTE 2019 |
EXEMPLE — DIRIGEANT EN BAHAMAS (hypothèse pré-retrait 2025) Cession appartement Paris, PV brute 400 000 €, détention 8 ans : - Non-ETNC standard : 400 000 × (19 % + 17,2 %) + surtaxe ≈ 151 000 € - ETNC : 400 000 × 75 % = 300 000 € Dividendes de société française : 100 000 € : - Non-ETNC + convention : 12 800 € (souvent remboursés selon convention) - ETNC : 75 000 € Différence cumulée : ~210 000 € de surfiscalité par an.
CEHR oui, CDHR non : subtilité clé pour les non-résidents à hauts revenus
Angle peu traité par les concurrents. Deux contributions parallèles frappent les hauts revenus en France, mais elles ne s'appliquent pas de la même manière aux non-résidents :
- CEHR (Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus, art. 223 sexies CGI) : applicable aux non-résidents, mais uniquement sur les revenus de source française imposés en France (RFR « fractionné » français). Barème 3 % / 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 €.
- CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, art. 224 CGI, LF 2025 prorogée LF 2026) : non applicable aux non-résidents car le mécanisme est calé sur le RFR mondial — or un non-résident n'a pas de RFR mondial imposable en France. Le texte vise les « contribuables domiciliés fiscalement en France ».
Pour un dirigeant non-résident percevant 600 k€ de dividendes français : CEHR due, CDHR écartée. Écart en faveur du NR : plusieurs dizaines de milliers d'euros. À confirmer au cas par cas avec le BOFiP attendu courant 2026.
Pilier 2 OCDE (GloBE), DAC7, DAC8 : impacts indirects pour les NR HNWI
Trois dispositifs internationaux récents concernent les non-résidents fortunés, souvent dirigeants ou actionnaires de groupes multi-juridictionnels. Aucun concurrent généraliste ne les relie au guide NR particuliers.
- Pilier 2 / GloBE (LF 2024 art. 33, transposition directive UE 2022/2523) : impôt minimum effectif de 15 % sur les groupes multinationaux > 750 M€ de CA (règles IIR, UTPR, QDMTT). Exercices ouverts à compter du 31/12/2023. Impact indirect pour les dirigeants non-résidents actionnaires : remontée dividendes potentiellement diluée par la QDMTT, holdings personnelles concernées si intégrées à un groupe couvert.
- DAC7 (directive 2021/514, en vigueur 01/01/2023) : reporting automatique par les plateformes numériques (Airbnb, Uber, Vinted, Leboncoin) des opérations de leurs utilisateurs non-résidents dès 2 000 € de CA annuel ou 30 transactions. Vos locations saisonnières via Booking/Airbnb sont transmises à l'administration française même si vous êtes domicilié à Dubaï.
- DAC8 (directive 2023/2226, en vigueur 01/01/2026) : reporting automatique crypto par les PSAN/CASP européens (MiCA-aligné). Les PV crypto réalisées via Binance France, Coinhouse, Kraken Europe sont transmises automatiquement. Le non-résident doit déclarer si convention FR + établissement stable, sinon exonération — mais l'information circule.
- CRS (Common Reporting Standard) : 113 juridictions échangent automatiquement les soldes bancaires en 2026. Les résidents français qui prétendent être non-résidents mais ont gardé un compte bancaire en Suisse/Luxembourg/Singapour sont signalés. Combinaison CRS + échange automatique = fin de l'opacité.
Trusts : l'obligation 2181-TRUST (art. 792-0 bis CGI)
Trust avec lien France = déclaration 2181-TRUST obligatoire
Point souvent oublié : l'article 792-0 bis CGI et l'article 1649 AB CGI imposent la déclaration des trusts dès lors qu'un des éléments est rattaché à la France : constituant résident français, bénéficiaire résident français, administrateur (trustee) résident français, ou bien placé en trust situé en France. Formulaire 2181-TRUST (événementiel : constitution, modification, extinction, transmission) + 2181-TRUST 2 (annuel : valeur au 1erjanvier si redevable IFI ou > 1,3 M€).
Pénalité : 20 000 € par défaut de déclaration (art. 1736 IV bis), majorée de 80 % des droits éludés en cas de réintégration. Jurisprudence Cass. com. 2024 : sanction autonome du redressement IR/IFI. Les structurations patrimoniales US (revocable/irrevocable trust), anglo-saxonnes ou offshore doivent être auditées même si le constituant est non-résident dès qu'un bénéficiaire est français.
Crypto non-résidents : mythe de l'exonération totale
Correction d'une erreur massivement répandue : la plus-value crypto d'un non-résident n'est pas automatiquement exonérée en France. L'article 150 VH bis CGI taxe les PV crypto d'un non-résident si l'actif est rattaché à un établissement stable situé en France (CTO crypto lié à une holding française, compte pro sur plateforme française). Pour le détenteur personne physique sans établissement stable FR, l'exonération joue. Mais DAC8 expose le dossier à une requalification potentielle en activité habituelle (trading pro → BIC, taxation FR).
Clause de sauvegarde (art. 238 A al. 3 / art. 187-2 bis)
10. Où vous expatrier pour optimiser votre fiscalité en 2026 ?
Maintenant que les règles sont posées, place au concret : où partir ? Voici une comparaison structurée des 6 destinations les plus fréquentes pour nos clients chez Hagnéré Patrimoine. Attention : chaque pays a ses conditions (visas, cotisations sociales, coût de la vie), la fiscalité n'est qu'un paramètre parmi d'autres.
| Pays | IR | Dividendes FR (RAS nette) | IFI / Wealth Tax | Exit tax FR | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|
| Émirats Arabes Unis | 0 % | 0 % (convention 1989) | Aucun | Applicable si seuils | Destination phare, visa Golden 10 ans |
| Portugal | Barème 14,5-48 % (fin RNH 2024) | 15 % (partic. < 25 %) | Aucun | Applicable | Nouveau régime IFICI 2024 (chercheurs) |
| Suisse | Forfait + cantons | 15 % (5 % partic. ≥ 10 %) | Impôt cantonal fortune | Applicable | Forfait fiscal accessible selon cantons |
| Royaume-Uni | Barème 20-45 % (non-dom réformé 2025) | 15 % (0 % partic. ≥ 10 %) | Aucun | Applicable | Réforme non-dom 2025, régime FIG 4 ans |
| Belgique | Barème 25-50 % | 15 % (10 %) | Aucun | Applicable (si seuils) | Impôt élevé mais pas d'IFI ni d'ISF |
| Monaco | 0 % (Français imposés en FR pour IR) | 15 % | Aucun | Applicable | Statut particulier pour Français |
Concrètement, lisez ce tableau de gauche à droite pour chaque pays. La colonne « IR » vous dit l'impôt sur le revenu local. « Dividendes FR » vous dit combien la France prélève sur vos dividendes français même depuis l'étranger. « IFI / Wealth Tax » indique si le pays a un impôt sur la fortune. Aucun pays n'est parfait : Dubaï a 0 IR mais peu de vie culturelle, la Belgique protège bien le patrimoine mais taxe lourdement les revenus, la Suisse demande des forfaits élevés. Le bon choix dépend de votre projet de vie.
Dubaï / Émirats : 0 IR, mais 12,8 % RAS dividendes FR
La destination favorite des entrepreneurs et cadres expatriés à haut revenu. Imposition personnelle nulle, visa Golden 10 ans accessible, infrastructures excellentes. Attention : la convention de 1989 prévoit 0 % sur dividendes, mais la France applique quand même la retenue 12,8 % par défaut, à réclamer via formulaire 5000/5001. Délais longs.
Portugal : fin du RNH 2024, nouveau régime IFICI
Le célèbre régime « Résident Non Habituel » (RNH) a pris fin au 31 décembre 2024. Il est remplacé par l'IFICI (Investimento, Formação, Inovação, Cultura, Investigação) réservé aux chercheurs, professeurs et cadres d'entreprises innovantes. Le Portugal reste attractif pour les retraités (climat, coût de la vie) mais la fiscalité s'est durcie.
Suisse : forfait + cantons
Le forfait fiscal suisse (basé sur la dépense du contribuable, généralement 7 fois le loyer) reste accessible dans la plupart des cantons (sauf Zurich, Bâle-Ville, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures). Très prisé des retraités fortunés et chefs d'entreprise. Négociation avec le canton avant l'installation.
Royaume-Uni : non-dom 2025, nouvelle réforme
Le régime du « non-domicile » a été profondément réformé en avril 2025 : remplacé par le Foreign Income and Gains (FIG) regime, limité à 4 ans après l'arrivée. Au-delà, imposition UK sur les revenus mondiaux. Moins attractif qu'avant, mais reste intéressant pour des expatriations courtes ou à projet défini.
Belgique : impôt élevé mais sans IFI ni exit tax
La Belgique n'a pas d'équivalent de l'IFI français. Pas non plus d'exit tax belge. En contrepartie, l'impôt sur le revenu est élevé (jusqu'à 50 %). Destination souvent choisie par dirigeants ayant cédé leur entreprise et souhaitant protéger leur patrimoine.
Monaco : 0 IR sauf France
Monaco ne taxe pas les résidents sur leurs revenus. MAIS : par la convention franco-monégasque de 1963, les Français installés à Monaco restent imposables en France sur leurs revenus mondiaux. Il faut être de nationalité non française ou avoir acquis une autre nationalité avant 1962 pour bénéficier du 0 IR monégasque.
L'expatriation n'est pas un produit — c'est un projet de vie
Portugal, Dubaï, Suisse, Monaco, Belgique : les régimes cibles changent vite
Fin du RNH portugais, fiscalité Dubaï pour les Français, Monaco et convention 1963, forfait vaudois, nomade Belgique : on compare l'imposition nette selon votre projet de vie réel.
11. Quel est votre régime fiscal en tant que frontalier ? (Suisse, Belgique, Luxembourg, Allemagne)
Et si partir ne signifiait pas forcément s'expatrier ? Les frontaliers forment une catégorie à part : ils travaillent dans un pays et résident dans un autre, franchissant la frontière quotidiennement ou hebdomadairement. La fiscalité dépend de la convention bilatérale et souvent d'accords spécifiques. Notre cabinet étant installé à Annecy, à 30 minutes de Genève, nous accompagnons chaque année des centaines de frontaliers.
Suisse : convention 1966 + accord cantonal 1983
Deux régimes coexistent, selon le canton où vous travaillez :
- Cantons à accord (Genève, Vaud (partiel), Bâle, Jura, Berne, Soleure, Valais, Neuchâtel) : impôt suisse à la source, puis rétrocession française de 4,5 % du salaire brut aux départements limitrophes (74, 01, 25, 39, 68, 90). Vous déclarez vos revenus suisses en France (2042 + 2047) avec taux effectif : les revenus suisses sont pris en compte pour calculer votre tranche marginale sur vos revenus français.
- Vaud strict (frontaliers "quasi-résidents") : impôt suisse uniquement, rien à déclarer en France — régime plus favorable car aucune contribution française.
Côté retraite, l'AVS (1er pilier, équivalent retraite de base) est imposée dans le pays de résidence (donc France pour un frontalier résident FR). Le LPP (2e pilier, retraite complémentaire obligatoire) suit les mêmes règles. Le 3e pilier A suisse est déductible uniquement de l'impôt suisse — pas d'avantage fiscal français.
Cas Genève vs Vaud : deux régimes radicalement différents
Frontalier, expatrié, impatrié : quel statut choisir ?
Frontalier (proximité)
Résident FR, travail à l'étranger (Suisse, Lux, Belgique, Allemagne). Imposition selon convention + accords cantonaux. Conserve PER, assurance-vie, aides sociales FR. Contrainte : trajet quotidien.
Expatrié / non-résident (optimisation globale)
Résidence fiscale étrangère. Revenus mondiaux non taxés en FR. Revenus FR imposés (taux mini 20/30 %). Exit tax possible. Accès limité aux dispositifs FR (PER fermé, Pinel perdu).
Belgique : régime accord 2008 + Zone Frontalière
L'accord 2008 a supprimé le régime frontalier classique. Aujourd'hui, le principe est : imposition dans le pays d'exercice (Belgique pour un Français travaillant en Belgique). La convention 2021 précise les règles pour télétravail et jours travaillés dans le pays de résidence.
Luxembourg : règle des 34 jours
Depuis la convention 2018 et ses avenants, un frontalier résident français travaillant au Luxembourg peut télétravailler jusqu'à 34 jours/an en France sans que cela ne remette en cause son imposition luxembourgeoise. Au-delà, les jours en France deviennent imposables en France (avec risque de double déclaration).
Belgique : extinction progressive du régime frontalier (effet final 2033)
Piège rarement expliqué correctement par les concurrents : le régime frontalier franco-belge a été supprimé pour tous les nouveaux entrants depuis le 1er janvier 2012 (avenant du 12 décembre 2008). Seuls les frontaliers ayant acquis le statut avant 2012 et le conservant sans interruption peuvent continuer à en bénéficier — jusqu'à extinction définitive prévue au 31 décembre 2033. Depuis 2012, un Français travaillant en Belgique et résidant en France est imposé en Belgique (pays d'exercice) — barème progressif 25-50 % + cotisations sociales belges, avec crédit d'impôt français. La convention FR-BE de 2021 (volet revenus) reste non ratifiée au printemps 2026 ; la convention 1964 continue donc de s'appliquer.
Allemagne : convention 1959 + télétravail 34 jours (nouveau protocole 2023)
Régime frontalier strict : zone de 30 km de part et d'autre de la frontière + retour quotidien. Imposition dans le pays de résidence (France) sur les salaires, avec compensation versée par la France à l'Allemagne (1,5 % du salaire brut). Au-delà de la zone ou si vous ne rentrez pas quotidiennement : imposition en Allemagne.
Nouveauté 2023 : le protocole additionnel franco-allemand du 7 juillet 2023 a porté à 34 jours/an (au lieu de 19 précédemment) la tolérance pour télétravail hors zone frontalière. Applicable depuis le 1er janvier 2023. Au-delà des 34 jours, application pro rata temporis.
Table unifiée frontaliers : fiscalité, sécurité sociale, télétravail
| Paramètre | Suisse (Genève) | Suisse (Vaud quasi-résident) | Luxembourg | Belgique (post-2012) | Allemagne |
|---|---|---|---|---|---|
| Imposition salaire | Source CH + taux effectif FR | CH uniquement | LU (retenue) | BE (pays exercice) | FR (zone frontalière) |
| Rétrocession | 4,5 % brut (FR) | — | — | — | 1,5 % brut (DE) |
| Convention fiscale | 1966 + accord 1983 | 1966 + 1983 | 1958/2018 | 1964 (2021 non ratifiée) | 1959 + 2015 + 2023 |
| Télétravail FR autorisé | 40 % temps (pérennisé) | 40 % temps | 34 jours/an | 34 jours (accord 31/03/2021) | 34 jours/an (2023) |
| Sécurité sociale | LAMal CH (si > 25 % FR : URSSAF) | LAMal CH | Luxembourg | Belgique | Allemagne |
| Accord UE télétravail 07/2023 | Opt-in jusqu'à 49,99 % | Opt-in | Opt-in | Opt-in | Opt-in |
| PS revenus capital FR | 7,5 % (De Ruyter) | 7,5 % | 7,5 % | 7,5 % | 7,5 % |
Accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier (01/07/2023)
Révolution silencieuse signée le 30 juin 2023 et applicable depuis le 1er juillet 2023 : les États membres de l'UE/EEE/Suisse peuvent déroger au seuil 25 % du règlement 883/2004 pour les télétravailleurs frontaliers jusqu'à 49,99 % du temps de travail en pays de résidence, sur option volontaireet avec accord de l'employeur. Au-delà de 50 %, bascule automatique en sécurité sociale du pays de résidence (règlement européen).
L'articulation fiscalité / sécurité sociale reste décorrélée : vous pouvez télétravailler 40 % en France (sécu CH maintenue par opt-in) tout en étant imposé à la source suisse. Les deux volets se gèrent séparément. Piège courant : imaginer que le seuil fiscal (40 % Suisse) et le seuil social (25 % hors opt-in) coïncident. Ils ne coïncident jamais.
Frontalier Suisse, Belge, Luxembourg ou Allemagne : le seuil 40 % et l'opt-in 49,99 % changent tout
Articulation convention 1966, accord cantonal, AVS/LPP, 3e pilier, PER français, AV luxembourgeoise, seuil télétravail : un CGP indépendant construit la stratégie franco-transfrontalière.
12. Comment optimiser votre retour en France avec le régime d'impatriation ? (art. 155 B CGI)
On a beaucoup parlé du départ. Parlons maintenant du retour. Après des années d'expatriation, vous rentrez en France ? Bonne nouvelle : l'article 155 B CGI prévoit un régime d'impatriation (c'est le mot officiel pour le dispositif d'accueil fiscal des personnes qui viennent ou reviennent s'installer en France après plusieurs années à l'étranger) particulièrement généreux, souvent ignoré par les rapatriés eux-mêmes. Concrètement, pendant 8 ans, la France vous offre un double cadeau fiscal : exonération de la prime d'impatriation (jusqu'à 30 % de votre rémunération) etexonération à 50 % de vos revenus passifs étrangers. Pour un cadre supérieur, l'économie atteint régulièrement 200 à 350 k€ sur la période. À condition de la demander au bon moment — personne ne le fait à votre place.
3 conditions, toutes cumulatives
- Ne pas avoir été résident fiscal français au cours des 5 années civiles précédant la prise de fonctions en France.
- Être appelé par une entreprise établie en France (embauche directe depuis l'étranger OU mobilité intra-groupe).
- Fixer en France, à compter de la prise de fonctions, son domicile fiscal au sens de l'art. 4 B CGI.
Conditions (5 ans hors France)
Vous pouvez bénéficier du régime si :
- Vous n'avez pas été résident fiscal français pendant les 5 années civiles précédentes ;
- Vous êtes embauché ou muté en France par une entreprise française (secteur privé ou certains organismes publics) ;
- Vous prenez vos fonctions avant fin 2028 (date de bornage actuelle).
Exonération 50 % rémunération + revenus passifs
Le régime offre deux exonérations cumulatives :
- Prime d'impatriation : jusqu'à 30 % du salaire brut exonéré (partie « prime » du contrat, négociée à l'embauche).
- Revenus passifs étrangers : 50 % des dividendes, intérêts, plus-values de sources étrangères exonérés d'impôt français.
Durée 8 ans
Depuis la LF 2017, la durée maximale est de 8 ans (au lieu de 5 précédemment). Le régime cesse au plus tard au 31 décembre de la 8e année suivant la prise de fonctions.
Cas pratique — Clément, cadre tech de retour de Singapour
Clément, 42 ans, 7 ans à Singapour, rentre à Paris en 2026 comme directeur financier d'un groupe coté. Rémunération brute : 200 000 € (dont 50 000 € de prime d'impatriation explicitement libellée). Il perçoit en outre 50 000 € de dividendes de son portefeuille singapourien.
| Revenu | Régime standard | Régime impatrié |
|---|---|---|
| Salaire 150 000 € (hors prime) | 150 000 € imposables | 150 000 € imposables |
| Prime 50 000 € | 50 000 € imposables | 0 € (exonérée à 30 % max du total) |
| Dividendes étrangers 50 000 € | 50 000 € imposables (PFU 31,4 %) | 25 000 € imposables (50 % exonérés) |
| Impôt annuel estimé | ~85 000 € | ~60 000 € |
| Gain annuel | — | ~25 000 € × 8 ans = 200 000 € |
Concrètement, le régime impatriation représente une économie moyenne de 20 000 à 40 000 €/an pour un cadre expatrié à haut revenu. Et pourtant, sur les retours France que nous traitons chaque année, environ un dossier sur trois arrive avec l'impatriation oubliée à l'embauche — récupérable a posteriori dans certains cas, perdue dans d'autres.
Régime impatriation 155 B : une fenêtre de 8 ans qui se négocie dès le contrat
Prime explicitement libellée, exonération 30 % salaire et 50 % revenus passifs étrangers, timing du retour, revenus du patrimoine : un CGP construit votre dispositif avant la signature du contrat.
13. Par quelles étapes devez-vous passer avant votre départ ?
On a vu les règles, les pièges, les arbitrages. Reste à les ordonner dans le calendrier réel d'un départ. Les 10 étapes ci-dessous sont celles que nous suivons avec nos clients — typiquement 6 à 12 mois avant le décollage. Sauter l'une d'elles ne casse pas le départ, mais ça déplace généralement 5 000 à 50 000 euros côté fiscalité l'année suivante.
| # | Étape | Délai recommandé | Document |
|---|---|---|---|
| 1 | Vérifier statut résidence fiscale (4 B + convention) | 6 mois avant | Audit CGP |
| 2 | Obtenir certificat de résidence du nouveau pays | À l'arrivée | Certificat fiscal étranger |
| 3 | Déposer 2042 + 2042-NR année du départ (prorata) | Mai N+1 | Déclaration fractionnée |
| 4 | Clôture ou maintien comptes bancaires FR | 1-3 mois avant | Avis banque |
| 5 | Maintenir PEA et assurance-vie (possible depuis 2019) | Avant départ | Notification courtier |
| 6 | Notifier SIPNR + désigner représentant fiscal (PV immo) | 3 mois avant | Formulaire de changement adresse |
| 7 | Mettre à jour espace impots.gouv.fr | J+1 après départ | Espace particulier en ligne |
| 8 | Déclarer comptes étrangers (3916 / 3916-bis) | Chaque année | 1 500 € amende/compte sinon |
| 9 | Déclaration IFI si patrimoine FR > 1,3 M€ | Mai N+1 | Formulaire 2042-IFI |
| 10 | Calcul exit tax si seuils atteints | Année du départ | Formulaire 2074-ETD |
Amende compte étranger non déclaré
13 bis. Approfondissements internationaux 2026 (tie-breaker OCDE, Règl. 650/2012, LF 2025 art. 96, PFIC, cantons CH, timeline)
On arrive aux mécanismes que les sites généralistes ne traitent presque jamais — ceux qui font vraiment la différence pour tout non-résident à patrimoine significatif. Si vous avez lu les sections 1 à 13, vous avez les briques. Ici, on assemble : que faire quand deux États vous réclament simultanément, comment choisir sa loi successorale, quels pays sont piégés par la LF 2025, comment fonctionne réellement le télétravail frontalier post-2023, pourquoi les US persons doivent fuir les SCPI, et dans quel ordre exécuter les 10 étapes d'un départ réussi. C'est la section à lire deux fois.
A. Règle OCDE du tie-breaker — art. 4 § 2 du modèle de convention
Lorsque deux États considèrent simultanément que vous êtes résident fiscal sur leur territoire (situation fréquente : France + Suisse, France + Portugal, France + Dubaï…), la convention bilatérale applique six critères hiérarchisés — on les tranche dans l'ordre, en s'arrêtant au premier qui départage :
| Ordre | Critère | Logique | Source de preuve |
|---|---|---|---|
| 1 | Foyer d'habitation permanent | Logement stable, permanent, disponible à tout moment (ni hôtel ni Airbnb) | Acte de propriété, bail long, factures énergie |
| 2 | Centre des intérêts vitaux | Liens personnels ET économiques les plus étroits (famille, patrimoine, affaires) | Lieu conjoint/enfants, comptes bancaires principaux, mandat social |
| 3 | Séjour habituel | État où vous séjournez de façon habituelle (pas seulement > 183 jours) | Agenda, historique voyages, cartes bleues localisées |
| 4 | Nationalité | Si tie-breaker toujours non tranché | Passeport |
| 5 | Accord amiable autorités compétentes | Art. 25 modèle OCDE (procédure MAP) | Demande DGFiP + administration étrangère |
| 6 | Arbitrage (BEPS MLI) | Pour les conventions modifiées par l'Instrument Multilatéral | Décision binding |
Jurisprudence clé — CE 5 février 2024 n° 469771 (tie-breaker conventionnel)
B. Règlement UE 650/2012 + professio juris — la succession internationale comme choix
Depuis le 17 août 2015, le Règlement (UE) 650/2012 prévoit que la loi successorale applicable est celle de la dernière résidence habituelle du défunt (art. 21 §1), sauf si celui-ci a expressément choisi, par testament, l'application de la loi de sa nationalité (art. 22 — professio juris). Cet outil est massivement sous-utilisé.
| Situation | Sans professio juris | Avec professio juris (loi française choisie) |
|---|---|---|
| Expatrié FR vivant à Lisbonne | Loi portugaise : pas de réserve héréditaire, liberté testamentaire totale | Loi FR : réserve héréditaire maintenue au profit des enfants |
| Expatrié FR vivant à Londres | Loi UK : pas de réserve, possibilité de déshériter | Loi FR : enfants protégés par la réserve (art. 913 CC) |
| Expatrié FR vivant à Dubaï | Loi émirienne (charia) potentielle | Loi FR : système civiliste classique |
| Binational FR-IT à Milan | Loi italienne (résidence) | Loi FR choisie (nationalité FR) |
Attention — professio juris n'emporte PAS la compétence fiscale
C. Règlement UE 2016/1103 — régime matrimonial international
Depuis le 29 janvier 2019, le Règlement (UE) 2016/1103 permet aux époux (ou Partnerschaft, depuis 2016/1104 pour les partenariats enregistrés) de choisir la loi applicable à leur régime matrimonial, parmi : (i) la loi de la nationalité de l'un des époux, (ii) la loi de la résidence habituelle de l'un des époux au moment du choix. À défaut de choix, s'applique la loi de la première résidence habituelle commune après le mariage.
Enjeu concret : un couple français installé à Bruxelles dès le mariage, sans contrat, bascule par défaut sous régime belge de la communauté réduite aux acquêts. Divorce, donation entre époux, liquidation successorale : les conséquences patrimoniales divergent. Le choix écrit (clause express devant notaire) au moment du départ permet de figer la loi française.
D. LF 2025 art. 96 — nouvelle retenue 12,8 % sur dividendes vers 9 États « piégés »
Depuis le 1erjanvier 2026, l'art. 119 bis CGI modifié par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) prévoit une retenue à la source de 12,8 % sur les dividendes versés par des sociétés françaises à des bénéficiaires résidents de neuf juridictions visées, lorsque la convention fiscale ne prévoit pas expressément de taux plafonné ou d'élimination des retenues.
| État | Convention fiscale | Taux conventionnel dividendes | Retenue FR 12,8 % ? |
|---|---|---|---|
| Arabie saoudite | Convention 1982 | Pas de clause dividendes plafonnée | Oui |
| Bahreïn | Convention 1993 | Pas de plafonnement conventionnel | Oui |
| Égypte | Convention 1980 | Taux conventionnel non aligné | Oui |
| Émirats arabes unis | Convention 1989 | Pas d'élimination totale | Oui |
| Finlande | Convention 1970 (renégociation en cours) | Clause obsolète | Oui |
| Koweït | Convention 1982 | Pas de plafonnement | Oui |
| Liban | Convention 1962 | Clause non appliquée | Oui |
| Oman | Convention 1989 | Pas de plafonnement | Oui |
| Qatar | Convention 1990 | Pas d'élimination | Oui |
Sortie du Portugal et de l'Italie — vigilance individuelle
E. Cantons suisses — 8 cantons frontaliers sous accord 1983
| Canton | Imposition salaires | Accord 1983 ? | Particularité |
|---|---|---|---|
| Genève (GE) | Imposition à la source CH + rétrocession 4,5 % à la France | HORS accord 1983 | Régime dérogatoire : le frontalier paie l'impôt cantonal ; la France reçoit une rétrocession |
| Vaud (VD) | Imposition en France (résidence) | Accord 1983 | Le canton reverse 4,5 % à la France |
| Valais (VS) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
| Berne (BE) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
| Fribourg (FR) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
| Soleure (SO) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
| Bâle-Ville (BS) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
| Bâle-Campagne (BL) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
| Jura (JU) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
| Neuchâtel (NE) | Imposition en France | Accord 1983 | Idem |
Télétravail transfrontalier — avenant du 27 juin 2023 (entré en vigueur 30/06/2023)
F. US persons et PFIC — le piège des unités de compte/SCPI/OPCVM français
Tout contribuable qualifié « US person » par l'IRS (citoyen US, détenteur de green card, résident fiscal US) doit déclarer ses OPCVM, SCPI, unités de compte d'assurance-vie et structures collectives françaises au régime PFIC (Passive Foreign Investment Company, section 1291 IRC). Conséquence : imposition punitive au taux marginal le plus élevé + intérêts de retard sur les distributions « excessives » (excess distribution), sauf élection QEF ou mark-to-market annuelle.
Conséquence pratique : les US persons résidant en France doivent privilégier les titres vifs (actions détenues en direct) ou les ETF/fonds domiciliés aux États-Unis. L'assurance-vie luxembourgeoise peut être compatible uniquement via FID titres vifs (Fonds Interne Dédié). Toute SCPI est toxique pour une US person.
G. Obligations déclaratives à ne pas oublier : trusts (art. 1649 AB CGI) et taxe 3 % (art. 990 D CGI)
Deux obligations méconnues concernent beaucoup d'expatriés avec structures internationales. Oubli = pénalités lourdes.
Trusts : déclaration obligatoire art. 1649 AB CGI
Taxe 3 % art. 990 D CGI — immobilier via société étrangère
H. Timeline 18 mois avant → 5 ans après le départ
| T − | Action | Pourquoi |
|---|---|---|
| −18 mois | Audit patrimonial (SIPNR 93, convention cible, exit tax) | Arbitrages long à déployer (donation, apport-cession) |
| −12 mois | Donation aux enfants des titres à forte PV latente | Purge PV latente exit tax + abattement 100 k€/enfant |
| −12 à −6 mois | Structuration apport-cession 150-0 B ter si dirigeant | Report imposition + éventuelle exonération (70 % réinvesti en 36 mois — LF 2026, cessions ≥ 20/02/2026) |
| −6 mois | Ouverture comptes bancaires pays cible + pré-déclarations | Délais KYC 1 à 3 mois selon pays |
| −3 mois | Calcul exit tax, dépôt sursis + désignation garant bancaire | Sursis automatique UE/EEE, sur garanties ailleurs |
| Départ | Transfert domicile (famille + logement + activité) | Date pivot année fractionnée |
| +0 à +3 mois | Mise à jour impots.gouv.fr → adresse étrangère + RIB FR | Bascule vers SIPNR |
| +1 an | 2042 (période résidente) + 2042 NR (période non-résidente) | Année fractionnée |
| +2 ans ou +5 ans | Dégrèvement exit tax (patrimoine < ou ≥ 2,57 M€) | Automatique si titres conservés |
| +5 ans | Fenêtre IFI 5 ans disponible au retour si réinstallation | Art. 964 1° bis CGI (biens FR uniquement) |
Règle de l'anticipation — 18 mois minimum
14. 7 cas pratiques chiffrés
Rien ne vaut des histoires concrètes. Voici 7 situations réelles rencontrées dans notre cabinet Hagnéré Patrimoine ces dernières années (prénoms modifiés).
Cas 1 — Marc, 42 ans, expatrié à Dubaï depuis 2023
Marc est cadre tech, parti à Dubaï il y a 3 ans. Il détient encore 30 000 € de dividendes annuels d'actions françaises (ex-employeur coté). En 2026, sa banque applique la retenue 12,8 % : 3 840 €. La convention FR-EAU prévoit 0 %. Marc dépose les formulaires 5000/5001 et récupère 3 840 € neuf mois plus tard. Notre cabinet gère la procédure.
Cas 2 — Sylvie, 65 ans, retraitée à Lisbonne
Sylvie perçoit 28 000 € de pension CNAV + Agirc-Arrco. Taux minimum : 20 %, soit 5 600 €. Mais son taux moyen mondial (pas d'autres revenus) calculé sur le barème progressif 2026 avec abattement 10 % sur pensions ressort à environ 6,5 %. En optant pour le taux moyen (formulaire 2047), elle paie ~1 820 € — soit ~3 780 € d'économie annuelle. Sur 20 ans de retraite : ~75 600 €.
Cas 3 — Jean-Paul, 58 ans, frontalier Suisse (Genève)
Jean-Paul travaille à Genève, rémunération 195 000 € équivalent. Impôt prélevé à la source en Suisse (accord cantonal). Déclaration française : revenus suisses avec taux effectif + revenus fonciers français 25 000 €. Il cotise au 3e pilier suisse (déductible impôt CH), maximise son PER français (déduction FR), et structure son patrimoine via assurance-vie luxembourgeoise. Économie fiscale annuelle globale : 8 000 € environ.
Cas 4 — Caroline & Paul, dirigeants partant en Belgique après cession
Caroline et Paul ont cédé leur PME 4 M€ en 2025. Exit tax potentielle : 4 M€ × 31,4 % = 1,256 M€ (sursis de paiement). Ils s'installent à Bruxelles en 2026. La Belgique n'a pas d'IFI ni d'exit tax. Le régime 2/5 ans étant maintenu par la LF 2026, ils bénéficient d'un dégrèvement à 5 ans si les titres sont conservés (patrimoine ≥ 2,57 M€). À noter qu'ici la cession a été réalisée avant le départ : il n'y a donc pas de PV latente taxable au titre de l'exit tax sur ces 4 M€ — seuls les titres encore détenus au départ entrent dans l'assiette. Stratégies préférables dans ce cas de figure : donation pré-départ d'autres titres ou apport-cession 150-0 B ter.
Cas 5 — Hélène, 49 ans, expatriée à Londres
Hélène loue un appartement parisien 40 000 €/an. En LMNP meublé, après amortissement, le revenu net taxable est réduit à 15 000 €. Elle est affiliée à la NHS britannique : PS 7,5 % au lieu de 17,2 % (arrêt De Ruyter). Impôt FR annuel : 3 000 € environ (au lieu de 9 000 € si LMNP au réel avec régime standard).
Cas 6 — Thomas, 41 ans, retour en France après 10 ans à Singapour
Thomas revient comme CFO d'une licorne parisienne. Rémunération 250 000 € (dont 60 000 € prime d'impatriation) + 80 000 € de dividendes et plus-values de son portefeuille asiatique. Régime art. 155 B : 60 000 € de prime exonérés + 40 000 € des revenus passifs exonérés. Gain annuel : environ 35 000 € × 8 ans = 280 000 € d'économie totale.
Notre cabinet à Annecy : spécialistes frontaliers et expatriés
Cas 7 — Nathalie, frontalière Luxembourg
Nathalie travaille à Luxembourg-Ville, rémunération 95 000 €. Règle des 34 jours télétravail : elle limite à 30 jours/an en France pour sécuriser son imposition 100 % luxembourgeoise. Elle détient un appartement parisien loué 18 000 €/an (LMNP). Côté placements : AV luxembourgeoise (neutralité fiscale LU) plutôt qu'AV française. Économie annuelle estimée : 3 500 €.
Cas 8 — Léa, digital nomad « nulle part »
Léa, 31 ans, dev SaaS, a quitté son appartement lyonnais en 2024. En 2025, elle a passé 120 jours à Bali, 90 à Lisbonne, 60 en France (famille) et 95 jours flottants. Clients : 100 % français, facturés via sa SAS parisienne. Diagnostic : malgré l'absence de 183 jours en France, l'administration peut revendiquer la résidence française au titre du centre des intérêts économiques (art. 4 B, critère 4) — ses clients, sa SAS, ses flux bancaires sont tous français. Si elle est qualifiée résidente, imposition mondiale + PS 17,2 %/18,6 %. La solution patrimoniale que nous avons construite : installation formelle au Portugal (régime IFICI si éligible), contrat de prestation entre sa SAS FR et sa nouvelle structure portugaise, rigueur documentaire (baux, factures, billets d'avion). Économie fiscale potentielle : 12 000 à 25 000 €/an selon profil. Message clé: « nulle part » n'existe pas aux yeux du fisc.
Cas 9 — Pierre, retraité fonction publique à Lisbonne
Pierre, 68 ans, ex-enseignant, perçoit 38 000 € de pension Éducation nationale + 14 000 € de pension complémentaire privée. Installé à Cascais. Règle OCDE (convention FR-PT art. 19) : les pensions publiques (pension État, fonction publique) restent imposées en France, les pensions privées relèvent du pays de résidence. Sa pension Éducation nationale (38 000 €) reste donc imposée en France — et elle profite de l'option taux moyen (taux mondial théorique ≈ 14 %, appliqué en France au lieu des 20 % minimum) : gain annuel ~2 300 €. Sa pension privée (14 000 €) est imposable au Portugal (barème portugais, sans régime RNH qui a pris fin en 2024). Double déclaration 2047 + 2042-NR + avis portugais. Point d'attention : ne jamais confondre les deux pensions sur un seul formulaire.
Cas 10 — Alexandra & Michael, couple franco-américain (« US person »)
Alexandra, française, installée avec Michael (citoyen américain) à Paris. Michael a le statut de US person : imposé par les États-Unis sur ses revenus mondiaux (nationalité américaine = obligation fiscale perpétuelle). Trois pièges majeurs que nous traitons : (1) PFIC : leur assurance-vie française est qualifiée de Passive Foreign Investment Company par l'IRS, avec un régime fiscal américain punitif (taxe sur gains latents + intérêts de retard). Solution : privilégier un CTO en direct + fonds US. (2) FATCA : toutes les banques françaises déclarent ses comptes à l'IRS. (3) SCI « per se corporation » : l'IRS qualifie la SCI française comme société opaque par défaut — double imposition garantie en cas de revenus fonciers. Solution : option IS expresse de la SCI, ou détention en direct. Impact fiscal optimisé net : ~12 000 €/an d'économies + sécurité vis-à-vis de l'IRS (pénalités FBAR/FATCA pouvant atteindre 10 000 $ par compte non déclaré).
Couple franco-américain, retraité au Portugal, dirigeant à Dubaï : chaque cas a son plan
PFIC, FATCA, SCI qualification US, RNH, convention cantonale suisse, exit tax : les schémas changent radicalement selon le pays et le statut. On construit votre plan sur mesure.
15. Calendrier déclaration 2026 + erreurs à éviter
Pour finir, le côté purement opérationnel : les dates butoir 2026, les formulaires à remplir, et les trois ou quatre erreurs qui reviennent chaque année chez nos clients — du PEA clôturé par réflexe au représentant fiscal oublié sur une cession à 200 000 euros.
Calendrier 2026 des non-résidents
| Échéance | Événement |
|---|---|
| 9 avril 2026 | Ouverture de la déclaration pré-remplie en ligne |
| 19 mai 2026 | Date limite déclaration papier (formulaire 2042-NR) |
| 21 mai 2026 à 23h59 | Date limite déclaration en ligne (départements 01-19, incluant les non-résidents) |
| 15 septembre 2026 | Avis d'impôt mis à disposition |
| 15 décembre 2026 | Solde d'impôt prélevé |
Concrètement, bloquez dans votre agenda le 21 mai 2026 à 23h59. C'est votre deadline ferme pour la déclaration en ligne (les non-résidents sont rattachés au calendrier des départements 01-19). Passé ce délai : majoration 10 % automatique, puis 40 % en cas de mise en demeure restée sans réponse.
Formulaires à connaître
- 2042 : déclaration principale (revenus français).
- 2042-NR : complément non-résidents.
- 2044 : revenus fonciers (loyers nus).
- 2047 : revenus étrangers (si option taux moyen).
- 2074-ETD : exit tax.
- 2042-IFI : IFI.
- 3916 / 3916-bis : comptes bancaires et crypto à l'étranger.
- 5000 / 5001 : remboursement retenue à la source.
Formulaire 3916 : à ne surtout pas oublier au retour
Tout compte étranger conservé après le retour en France doit être déclaré sur le formulaire 3916 dans la première déclaration française post-retour. Procédure détaillée et 3 cas pratiques chiffrés dans notre guide FATCA, CRS et formulaire 3916 en 2026.
SIPNR : contacts utiles
Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR)
10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex
Téléphone : +33 1 72 95 20 42
Compétence : tous les non-résidents, anciens numéros fiscaux français.
13 erreurs récurrentes à éviter
- Oublier de mettre à jour son adresse sur impots.gouv.fr après le départ.
- Ne pas déclarer ses comptes étrangers (amende 1 500 € par compte).
- Confondre formulaire 2042 et 2042-NR.
- Oublier l'option taux moyen (économie possible 2 000 à 5 000 €/an).
- Ne pas demander le remboursement retenue via 5000/5001.
- Clôturer son PEA par réflexe (alors qu'il peut être maintenu depuis 2019).
- Oublier de désigner un représentant fiscal pour une vente immobilière > 150 k€ hors EEE.
- Déclarer ses revenus étrangers sur la déclaration française (ils ne le sont pas en non-résident).
- Mal calculer la date pivot de l'année du départ.
- Ignorer l'existence de la règle des 6 ans pour succession internationale.
- Partir sans purger les plus-values (exit tax inutile).
- Ne pas négocier la prime d'impatriation au retour (art. 155 B).
- Confondre résidence fiscale et nationalité.
16. FAQ et ressources
Les 18 questions fréquentes auxquelles nous répondons chaque semaine sont regroupées dans la section FAQ ci-dessous. Pour aller plus loin, consultez nos guides thématiques :
- Loi de finances 2026 : mesures patrimoniales
- Flat tax ou barème 2026
- PEA : l'enveloppe actions européennes et Meilleurs ETF PEA 2026
- Assurance-vie + Fiscalité AV
- Assurance-vie luxembourgeoise + AVL expatriés
- PER
- Optimisation IFI 2026
- Succession + Droits de succession
- Donation
- Investissement immobilier + LMNP 2026
- SCPI + Fiscalité SCPI
- Gestion de patrimoine et Gestion de fortune
Mini-glossaire des sigles utilisés
Pour vous y retrouver dans la jungle des acronymes fiscaux internationaux, voici le décodage de tous les sigles rencontrés dans ce guide.
| Sigle | Signification |
|---|---|
| ALCP | Accord sur la Libre Circulation des Personnes (FR-CH, 21/06/1999) |
| AV / AVL | Assurance-Vie / Assurance-Vie Luxembourgeoise |
| BEPS | Base Erosion and Profit Shifting (plan OCDE anti-évasion 2015) |
| BIC / BNC | Bénéfices Industriels et Commerciaux / Non Commerciaux |
| BOFiP | Bulletin Officiel des Finances Publiques (doctrine administrative) |
| CADF | Comité de l'Abus de Droit Fiscal |
| CDHR | Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (art. 224 CGI) |
| CE | Conseil d'État (juridiction administrative suprême) |
| CEHR | Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (art. 223 sexies CGI, 3-4 %) |
| CFA | Contribution Financière pour l'Autonomie (LFSS 2026, +1,4 pt CSG) |
| CGI | Code Général des Impôts |
| CJUE | Cour de Justice de l'Union Européenne |
| CRS | Common Reporting Standard (échange automatique de données OCDE) |
| DAC | Directive on Administrative Cooperation (UE — DAC6/7/8) |
| DGFiP | Direction Générale des Finances Publiques |
| EEE | Espace Économique Européen (UE + Islande, Norvège, Liechtenstein) |
| ETNC | États et Territoires Non Coopératifs (art. 238-0 A CGI) |
| FATCA | Foreign Account Tax Compliance Act (loi US 2010, échange FR-US) |
| FIG | Foreign Income and Gains regime (UK, depuis 06/04/2025) |
| GloBE | Global Anti-Base Erosion (Pilier 2 OCDE, IS min 15 %) |
| HNWI | High Net Worth Individual (particulier fortuné, > 1 M€) |
| IFI | Impôt sur la Fortune Immobilière (art. 964 CGI) |
| IFICI | Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação (Portugal, ex-RNH) |
| IR / IS | Impôt sur le Revenu / Impôt sur les Sociétés |
| LF / LFSS | Loi de Finances / Loi de Financement de la Sécurité Sociale |
| LMNP | Location Meublée Non Professionnelle |
| LPF | Livre des Procédures Fiscales |
| NR | Non-Résident fiscal (au sens des conventions ou de l'art. 4 B CGI) |
| PAS | Prélèvement À la Source |
| PEA | Plan d'Épargne en Actions |
| PER | Plan d'Épargne Retraite |
| PFU | Prélèvement Forfaitaire Unique (« flat tax », 30 %/31,4 % en 2026) |
| PS | Prélèvements Sociaux (CSG + CRDS + prélèvement solidarité ± CFA) |
| PSAN / CASP | Prestataire de Services sur Actifs Numériques / Crypto Asset Service Provider |
| PV | Plus-Value |
| QDMTT | Qualified Domestic Minimum Top-up Tax (Pilier 2 OCDE, prélèvement national) |
| RAS | Retenue À la Source |
| RFR | Revenu Fiscal de Référence |
| RNH | Résident Non Habituel (Portugal, ex-régime 2009-2023) |
| SCI / SCPI / OPCI | Société Civile Immobilière / Société Civile de Placement Immobilier / Organisme de Placement Collectif Immobilier |
| SIPNR | Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (Noisy-le-Grand) |
| TFUE | Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne |
| TMI | Tranche Marginale d'Imposition |
| UC | Unités de Compte (supports d'assurance-vie en actions/OPCVM/immobilier) |
Sources officielles
- Code général des impôts (CGI) : articles 4 B, 4 bis, 6 § 4, 119 bis, 123 bis, 125 A, 155 B, 164 B, 164 D, 167 bis, 182 A, 182 B, 187, 197 A, 197 B, 200 A, 209 B, 235 ter, 238 A, 238-0 A, 244 bis A, 244 bis B, 750 ter, 757 B, 774 bis, 964, 990 I, 1407 ter, 1609 nonies G, 1649 A, 1649 bis C, 1736 IV
- Bulletin officiel des finances publiques : BOI-IR-DOMIC, BOI-IR-DOMIC-40 (Schumacker), BOI-RPPM-RCM-30-30, BOI-RPPM-PSOC-10-20, BOI-RES-RPPM-000203 (rescrit 24/07/2025), BOI-RFPI-PVINR-10 à 40 (MAJ 03/2025), BOI-RFPI-PVINR-30-20 (représentant fiscal, MAJ 22/01/2025), BOI-BAREME-000043 (ACTU-2026-00021, barème 182 A), BOI-PAT-IFI-20-30, BOI-ANNX-000306 (liste conventions)
- Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (LF 2025, art. 96 modifiant art. 119 bis CGI ; primauté conventionnelle art. 4 B)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026 promulguée — amendement Tanguy I-807 écarté, régime 2/5 ans de l'exit tax maintenu ; décision CC n° 2026-901 DC du 19/02/2026)
- Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026, hausse CSG mobilière 9,2 → 10,6 %)
- Décret n° 2025-502 du 6 juin 2025 (représentant fiscal accrédité art. 244 bis A)
- Règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 (succession internationale, professio juris, art. 21-22) — applicable depuis 17/08/2015
- Règlement (UE) n° 2016/1103 du 24 juin 2016 (régime matrimonial international) — applicable depuis 29/01/2019
- Modèle de convention fiscale OCDE art. 4 § 2 (tie-breaker rules) + commentaires 2024
- Avenant franco-suisse du 27 juin 2023 (télétravail transfrontalier 40 %) — entré en vigueur 30/06/2023
- Accord amiable franco-allemand 07/2023 (télétravail 34 jours/an)
- CJUE : de Ruyter C-623/13 du 26/02/2015 ; Wächtler C-581/17 du 26/02/2019 ; N C-470/04 du 07/09/2006 ; Lasteyrie du Saillant C-9/02 du 11/03/2004 ; Schumacker C-279/93 du 14/02/1995 ; Dreyer C-372/18 du 14/03/2019 ; Jahin C-45/17 du 18/01/2018
- Conseil d'État : n° 469771 du 5 février 2024 (art. 4 B et tie-breaker conventionnel) ; n° 472284 du 5 février 2024 (résidence conventionnelle) ; n° 434972 du 9 juin 2020 (primauté conventionnelle) ; n° 472587 du 8 décembre 2023 (art. 119 bis et bénéficiaire effectif)
- Cass. com. 2 avril 2025 (SCI luxembourgeoise prépondérance immobilière — IFI)
- Section 1291 IRC (Internal Revenue Code) — régime PFIC pour US persons
- Arrêté du 18 avril 2025 (JO 7/05/2025) — liste ETNC 2025/2026
- CJUE : Schumacker C-279/93 (14/02/1995), De Ruyter C-623/13 (26/02/2015), Jahin C-45/17 (18/01/2018), Dreyer C-372/18 (14/03/2019), C-365/16 (17/05/2017)
- Conseil d'État : CE 05/02/2024 n° 469771 (primauté résidence conventionnelle), CE 05/07/2023 n° 464928 (exo 150 k€), CE 30/09/2025 n° 490793 (résident conventionnel — Lolie/The Continuity Group), CE Natixis 08/03/2023 n° 456349 ; Accord FR-UK 24/12/2020 (UK post-Brexit, taux 7,5 %)
- Cour de cassation : Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (primes exagérées, réserve non critère), Cass. 3e civ. 19/09/2024 (quasi-usufruit), Cass. 1re civ. 17/01/2025 n° 23-16.442 (art. 774 bis)
- CAA Versailles 18/05/2023 n° 21VE02336 (RP pré-départ et bail précaire) ; CAA Paris 14/03/2024 n° 22PA04567
- Accord France–UK de sécurité sociale du 24 décembre 2020
- Accord amiable franco-suisse du 27 juin 2023 (télétravail frontalier 40 %)
- Convention fiscale OCDE — modèle 2017 + Instrument multilatéral BEPS (signé 07/06/2017, effet FR 01/01/2019)
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