Girardin industriel : pourquoi certaines opérations sont plus rentables ?
Fiscalité
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Girardin industriel : pourquoi certaines opérations sont plus rentables ?

Girardin industriel : découvrez pourquoi la rentabilité fiscale varie selon les opérations et comment optimiser votre investissement. (Mise à jour 2026)

Synthèse de l'article

  • Frais de montage et structure de l’opérateur : plus les frais de montage/gestion/distribution et les charges fixes de l’opérateur sont élevés, moins il reste de fonds pour financer le matériel, ce qui réduit mécaniquement la réduction d’impôt et donc la rentabilité servie à l’investisseur.

  • Poids des garanties et assurances : fonds de garantie, assurance de « bonne fin fiscale » et primes de RCP sécurisent l’opération mais sont financés sur les apports, ce qui diminue le rendement affiché par rapport à un montage moins couvert.

  • Taille du programme et nombre d’investisseurs : les petits tickets d’entrée multiplient les associés et les coûts administratifs/comptables (dossiers, banque, comptabilité, attestations), ce qui rogne la part d’argent réellement investie et baisse la rentabilité ; des tickets plus élevés peuvent améliorer l’efficience.

  • Arbitrage accessibilité vs efficience : un opérateur peut privilégier la diffusion large (tickets bas, plus de gestion) ou l’optimisation du rendement (moins d’investisseurs, structure plus simple), et ce choix se reflète directement dans le taux proposé.

  • Plein droit vs agrément fiscal : le régime juridique impose une rétrocession minimale différente à l’exploitant (environ 56 % en « plein droit » vs 66 % avec agrément), ce qui laisse une part moindre de l’avantage fiscal à l’investisseur en cas d’agrément et tend à réduire la rentabilité.

Pourquoi certaines opérations Girardin sont plus rentables que d’autres ?

Toutes les opérations Girardin industriel ne se valent pas en termes de rendement fiscal. Le taux de rentabilité proposé à l’investisseur peut varier sensiblement d’un programme à l’autre (par exemple 10 % sur une opération X contre 18 % ou 34 % sur une opération Y). Plusieurs facteurs clés expliquent ces écarts :

1\. Frais de montage et structure de l’opérateur : Chaque programme Girardin est monté par un opérateur spécialisé (aussi appelé monteur). L’opérateur facture à la société de portage des frais de montage, de gestion et de distribution. Plus ces coûts sont élevés, moins il reste de fonds pour financer les matériels chez l’exploitant, et donc moins la réduction d’impôt offerte à l’investisseur est élevée. Autrement dit, un opérateur avec une structure lourde (beaucoup de salariés, bureaux dans de multiples territoires d’outre-mer, frais de déplacement, etc.) aura des charges importantes qui plombent la rentabilité servie aux investisseurs. À l’inverse, un opérateur à la structure légère, optimisée, peut se permettre de redistribuer davantage aux souscripteurs sous forme de réduction d’impôt. En pratique, ces différences de frais généraux expliquent une part majeure des écarts de rentabilité entre opérateurs.

2\. Provision pour garantie et assurances : Le Girardin industriel comporte des risques fiscaux et opérationnels (nous y revenons plus loin). Pour sécuriser les investisseurs, certains monteurs choisissent de constituer un fonds de garantie ou de souscrire à des assurances spécifiques (par exemple, une assurance de « bonne fin fiscale » qui indemnise en cas de requalification de l’avantage fiscal). Ces garanties ont un coût non négligeable, ponctionné sur les apports des investisseurs. Si un programme intègre une garantie renforcée, il offrira généralement un rendement un peu plus faible qu’un programme sans garantie, car une partie des fonds sert à financer cette protection. De même, les monteurs doivent souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) compte tenu du risque lié à ces opérations défiscalisantes : plus un opérateur a un volume d’affaires important ou un historique de sinistres élevé, plus sa prime d’assurance augmente, ce qui peut indirectement réduire le rendement offert aux clients.

3\. Taille de l’opération et nombre d’investisseurs : La structuration juridique des sociétés de portage joue aussi sur la rentabilité. Un programme de petite taille qui vise un large public (avec un ticket d’entrée faible par investisseur) va mécaniquement multiplier le nombre d’associés dans la société de portage. Or, chaque associé supplémentaire génère des frais administratifs et comptables (gestion des dossiers, frais bancaires, tenue de la comptabilité, envoi des attestations fiscales individuelles, etc.). Si le montant minimum de souscription est très bas, le montage devra agréger des centaines d’investisseurs, ce qui alourdit les coûts de gestion. Ces coûts viennent en déduction de l’argent finançant l’investissement, diminuant d’autant la réduction d’impôt distribuée. À l’inverse, une opération qui exige un apport minimum plus élevé aura moins d’associés à gérer et pourra être plus efficiente, donc potentiellement plus rentable pour chacun. Les opérateurs arbitrent donc entre accessibilité et efficacité : toucher un public large (tickets bas) ou offrir un rendement optimisé (tickets plus élevés). Cette stratégie impacte directement le taux de rentabilité proposé.

4\. Type d’opération : plein droit vs agrément fiscal : Il existe deux catégories d’opérations Girardin industriel, selon leur envergure : les opérations dites « plein droit » (en dessous d’un certain seuil de montant, elles ne nécessitent pas d’agrément préalable de Bercy) et les opérations avec agrément fiscal (au-delà du seuil, une autorisation de l’administration est requise). Ce statut influe sur la rentabilité car la loi impose un taux de rétrocession différent au profit de l’exploitant local. En régime « plein droit », l’opérateur doit rétrocéder au minimum 56 % de l’avantage fiscal à l’entreprise ultramarine, l’investisseur conservant environ 44 % de l’avantage. En régime « agrément », la rétrocession minimale monte à 66 % au profit de l’exploitant (l’investisseur n’en conserve qu’environ 34 %). Par conséquent, les opérations avec agrément offrent en général un rendement plus faible que les petites opérations en plein droit, puisque la part de réduction d’impôt effectivement gagnée par l’investisseur est plus réduite. En revanche, ces grandes opérations agréées peuvent financer de plus gros projets et intégrer parfois des bonus sectoriels (énergie renouvelable, zones spécifiques) qui viennent partiellement compenser ce différentiel. Quoi qu’il en soit, comparer deux taux de rendement Girardin doit se faire à périmètre égal : une opération à 18 % sans agrément n’est pas exactement équivalente à une opération à 18 % avec agrément (la seconde étant objectivement plus « tendue » pour l’opérateur, car elle implique de redonner davantage au projet local).

5\. Calendrier de souscription et concurrence : Un aspect moins connu est le timing de souscription au cours de l’année fiscale. Les programmes Girardin ont souvent une capacité limitée et sont proposés jusqu’à la fin de l’année N pour réduire l’impôt de l’année N. Il a été constaté que les taux de rendement offerts diminuent progressivement à l’approche de la clôture des souscriptions. En début de campagne (par exemple, au second semestre pour l’année suivante), les meilleurs taux sont affichés afin d’attirer les investisseurs et sécuriser rapidement le financement des projets. Au fil des mois, si la demande des investisseurs est forte et les enveloppes presque remplies, les opérateurs peuvent ajuster à la baisse la rentabilité offerte sur les dernières souscriptions. Par exemple, en novembre, un Girardin plein droit peut afficher un rendement de 19 %, puis tomber à 15 % en décembre lorsque la capacité disponible se raréfie. Ce phénomène s’explique par la concurrence entre investisseurs pour accéder aux opérations : plus la demande est élevée, plus l’opérateur peut se permettre de réduire l’incitation financière tout en bouclant ses levées de fonds. Investir tôt dans la saison Girardin permet donc souvent de verrouiller les meilleurs taux de l’année. À l’inverse, attendre le tout dernier moment peut exposer soit à un rendement moindre, soit à l’indisponibilité pure et simple d’une opération Girardin pour l’année (pénalisant alors l’optimisation fiscale souhaitée).

En résumé, le rendement d’une opération Girardin dépend de la taille et du mode de fonctionnement du monteur, des coûts qu’il intègre (frais, garanties, assurances), du format juridique de l’investissement et même du contexte de commercialisation. Chaque opérateur étant différent, on observe sur le marché des taux d’apport variés. Dans tous les cas, il convient de se méfier des offres anormalement élevées : un rendement fiscal sensiblement supérieur à la moyenne peut cacher une prise de risque accrue ou des frais dissimulés ailleurs. Analysez bien la fiche d’information de l’opération et n’hésitez pas à demander des explications sur la ventilation de votre apport (quelle part part en frais, quelle part va réellement au projet, existe-t-il un fonds de garantie, etc.). Gardez à l’esprit que le Girardin n’est pas magique : un rendement plus élevé implique souvent soit plus de risque, soit des efforts particuliers de l’opérateur pour optimiser son montage.

Quels sont les risques du Girardin industriel ?

Le dispositif Girardin, bien que très avantageux fiscalement, comporte des risques importants qu’il ne faut pas sous-estimer. Le principal danger est le risque de requalification fiscale : si les conditions légales ne sont pas respectées pendant la durée d’engagement, l’administration peut procéder à la reprise de la réduction d’impôt accordée. En clair, l’investisseur pourrait devoir rembourser l’avantage fiscal, avec des intérêts de retard, si par exemple l’entreprise ultramarine arrête d’utiliser le matériel avant 5 ans, fait faillite, ou si le montage est jugé non conforme (surfacturation du matériel, etc.). Ce risque fiscal est au cœur du Girardin industriel, et justifie que certains programmes soient assortis d’une garantie de bonne fin pour rassurer les souscripteurs. Toutefois, même avec une garantie, il faut comprendre que l’État peut retirer l’avantage en cas de manquement ; la garantie ne fait alors que compenser la perte financière pour l’investisseur.

À côté du risque fiscal, il y a les risques d’exploitation. L’investissement financé doit être réellement exploité par l’entreprise locale : si le matériel n’est pas livré, n’est pas utilisé comme prévu, ou si l’exploitant ne paye plus les loyers convenus, le schéma peut échouer. L’investisseur, bien que métropolitain et passif, dépend de la bonne santé financière et du sérieux de l’entreprise outre-mer. Des problèmes tels que des loyers impayés, une mauvaise gestion locale ou des fraudes (ex : fausses factures, surfacturation du bien) peuvent compromettre le succès de l’opération. C’est pourquoi il est crucial de choisir des monteurs expérimentés et des projets solides. L’agrément fiscal préalable (obligatoire pour les gros projets) est une forme de contrôle : Bercy examine le dossier avant de le valider, réduisant le risque de montages fantaisistes. Mais les opérations sans agrément ne sont pas contrôlées à priori ; il faut donc redoubler de vigilance sur la qualité du programme proposé.

Un autre point à connaître est la structure juridique souvent utilisée pour les montages : beaucoup d’opérations Girardin se font via des SNC (sociétés en nom collectif), ce qui implique que chaque investisseur devient associé et est indéfiniment et solidairement responsable des éventuelles dettes de la SNC. Autrement dit, en théorie, si la société de portage contracte des dettes non remboursées, les investisseurs pourraient être appelés en comblement. Ce scénario reste rare car les montages sont calibrés pour être autofinancés (les loyers couvrent généralement les emprunts bancaires), mais il s’agit d’un risque juridique réel. Certaines opérations utilisent plutôt des sociétés de capitaux (SAS, SA) pour limiter la responsabilité des investisseurs à leur apport : c’est un élément à vérifier dans la documentation.

En résumé, avant d’investir en Girardin industriel, évaluez soigneusement les risques : perte potentielle de l’avantage fiscal, perte de l’apport (de toute façon actée dès le départ), risque juridique lié à la structure, sans oublier que le dispositif est complexe et nécessite un suivi administratif (formulaires de déclaration spécifiques, etc.). Il est vivement conseillé de se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine ou un professionnel maîtrisant bien le Girardin pour choisir une opération sûre et adaptée à votre situation. L’AMF et la DGCCRF mettent d’ailleurs en garde contre certaines présentations trop optimistes du Girardin, rappelant que toute promesse de gain fiscal doit s’apprécier au regard des contreparties et des risques encourus. Un Girardin industriel bien monté, sur un projet utile et sérieux, reste un excellent levier de défiscalisation, mais il doit être utilisé en connaissance de cause.

Hagnéré Patrimoine et le Girardin industriel

Hagnéré Patrimoine est un cabinet de gestion de patrimoine indépendant qui accompagne ses clients dans l’analyse globale de leur situation patrimoniale, fiscale et financière.

Dans ce cadre, le dispositif du Girardin industriel peut être étudié au cas par cas, uniquement lorsqu’il est adapté au profil, aux objectifs et au niveau de risque du client. Ce type de dispositif n’est ni systématique, ni universel, et nécessite une compréhension précise de ses mécanismes, de ses contraintes et de ses risques.

Hagnéré Patrimoine propose ainsi des rendez-vous d’échange et d’analyse patrimoniale, destinés à :

  • comprendre votre situation personnelle et fiscale,

  • expliquer les caractéristiques du Girardin industriel (plein droit ou avec agrément),

  • évaluer, le cas échéant, la pertinence de ce dispositif au regard de votre situation.

Cette démarche s’inscrit dans une approche globale et indépendante du conseil, sans automatisme d’investissement, sans obligation de souscription, et sans promesse de résultat.

Conclusion : Le Girardin industriel peut offrir une rentabilité fiscale immédiate très attractive, à condition de choisir judicieusement l’opération et de comprendre les mécanismes qui influencent son rendement. En comparant les programmes et en s’entourant de conseils experts, il est possible de maximiser le gain fiscal tout en minimisant les risques. Ce dispositif exige rigueur et vigilance, mais bien maîtrisé, il demeure l’un des leviers de défiscalisation les plus puissants pour les contribuables fortement imposés (Mise à jour 2026)

Questions fréquentes

1

Qu’est-ce que la loi Girardin industriel ?

La loi Girardin industriel est un dispositif fiscal visant à encourager l’investissement privé dans les territoires d’outre-mer. En investissant dans du matériel productif neuf pour une entreprise ultramarine (par exemple des équipements industriels ou agricoles), un contribuable métropolitain obtient en contrepartie une réduction d’impôt sur le revenu. Il s’agit d’une réduction « one-shot » accordée l’année suivant l’investissement, dont le montant est généralement supérieur à la somme investie. Ce mécanisme, créé en 2003, aide à financer le développement économique des DOM-COM en compensant les surcoûts locaux, tout en permettant aux particuliers de réduire leur impôt de manière significative.

2

Comment fonctionne un investissement Girardin industriel ?

Concrètement, l’investisseur souscrit au capital d’une société de portage qui achète du matériel neuf pour le louer à une entreprise d’outre-mer pendant au moins 5 ans. L’investisseur apporte des fonds à fonds perdus (il ne récupérera pas son argent), et en échange il reçoit une réduction d’impôt immédiate (l’année suivante) d’un montant supérieur à son apport. Par exemple, en investissant 5 000 €, on peut obtenir environ 5 500 € à 6 000 € de réduction d’impôt l’année suivante. Après 5 ans, l’entreprise ultramarine rachète le matériel pour un euro symbolique et la société de portage est dissoute. L’investisseur, lui, a bénéficié de son avantage fiscal dès le début. Pour maintenir cet avantage, il faut que toutes les conditions du dispositif soient respectées sur la durée (sinon le fisc peut reprendre la réduction d’impôt). En résumé : le Girardin industriel transforme un investissement perdu en une économie d’impôt plus importante, dans un schéma réglementé et limité à 5 ans.

3

Combien peut-on gagner grâce à un Girardin industriel ?

Le gain fiscal dépend de la rentabilité de l’opération choisie. En général, un Girardin industriel permet de « gagner » entre 10 % et 20 % de son apport. Cela signifie que si vous investissez 10 000 €, vous obtiendrez typiquement une réduction d’impôt de 11 000 € à 12 000 € (gain net de 1 000 € à 2 000 €). Certaines opérations très optimisées peuvent aller jusqu’à 25 % ou 30 % de rentabilité fiscale, mais ce sont des cas spécifiques. La majorité des projets se situent autour de 12 % à 18 % de rendement. Il faut noter que ce gain est ponctuel (une seule année) et qu’il représente la contrepartie de la perte du capital investi. Le Girardin n’offre aucun revenu financier : son intérêt réside uniquement dans l’économie d’impôt réalisée. Enfin, si la réduction d’impôt dépasse votre impôt dû, l’excédent peut être reporté sur les 5 années suivantes, évitant ainsi de perdre une partie du gain fiscal.

4

Quels sont les risques du Girardin industriel ?

Le risque principal est la requalification fiscale de l’opération. Si les règles ne sont pas respectées pendant 5 ans (par exemple, le matériel n’est pas exploité en continu pendant la durée requise, ou l’entreprise locale fait faillite), l’administration fiscale peut vous reprendre la réduction d’impôt accordée. Vous devriez alors restituer l’avantage perçu, avec des intérêts de retard, ce qui annule le bénéfice de l’opération. Il existe aussi des risques opérationnels : retard ou défaut de livraison du matériel, loyers impayés par l’exploitant ultramarin, fraude ou montage non conforme du côté du promoteur, etc. Par ailleurs, si la société de portage est une SNC, l’investisseur est indéfiniment responsable des dettes de cette société (même si ce risque demeure théorique dans les schémas bien construits). Pour se prémunir, beaucoup d’opérations incluent une assurance ou garantie couvrant le risque fiscal ; mais cela ne dispense pas de choisir des programmes fiables. En résumé, le Girardin industriel n’est pas dénué de risques : il faut sélectionner un opérateur sérieux, un projet solide, et être conscient qu’en cas d’échec, le gain fiscal peut être annulé et l’argent investi est de toute façon perdu.

5

Quelle différence entre Girardin industriel « plein droit » et avec agrément ?

La distinction porte sur le montant et le processus d’approbation du projet. Un Girardin industriel « plein droit » est une opération de taille plus modeste, qui ne nécessite pas d’agrément préalable du ministère des Finances. Elle est automatiquement applicable tant que les conditions légales sont remplies. En revanche, un Girardin avec agrément concerne un projet plus important (dépasseant un certain seuil d’investissement) qui doit être autorisé formellement par Bercy avant sa mise en œuvre. Outre la procédure, il y a un impact sur la rentabilité fiscale : la loi impose aux opérations agréées de rétrocéder au moins 66 % de l’avantage fiscal à l’entreprise locale (contre 56 % pour une opération en plein droit). En pratique, cela signifie que les Girardin avec agrément offrent souvent un taux de réduction d’impôt un peu moins élevé pour l’investisseur (puisque celui-ci garde une plus petite part de l’avantage total). Par exemple, une opération plein droit pourra viser 15 % de rentabilité pour le souscripteur, là où une opération équivalente sous agrément tournera plutôt autour de 12 %. Le choix entre plein droit et agrément dépend surtout de l’offre disponible et du montant que vous souhaitez investir, mais c’est une différence à connaître lorsqu’on compare les projets.

6

Le Girardin industriel est-il concerné par un plafonnement fiscal ?

Oui. La réduction d’impôt Girardin entre dans le plafonnement global des niches fiscales, mais avec des règles spécifiques. En France, les avantages fiscaux sont en principe plafonnés à 10 000 € par an et par foyer. Toutefois, les investissements en outre-mer (dont le Girardin) bénéficient d’un plafond majoré à 18 000 € par an. Cela signifie que votre réduction Girardin (combinée aux éventuelles autres niches) ne peut pas vous faire baisser l’impôt de plus de 18 000 € sur une année. Dans les faits, grâce au mécanisme de “rétrocession” propre au Girardin, seule une partie de l’avantage est comptabilisée dans ce plafond. Environ 44 % du montant de la réduction Girardin industriel plein droit est imputé dans le calcul du plafonnement (et environ 34 % pour un Girardin avec agrément). Ce traitement particulier permet souvent de réaliser des réductions d’impôt bien supérieures à 18 000 € tout en restant sous le plafond officiel. Par exemple, un contribuable pourrait obtenir 30 000 € de réduction Girardin tout en n’utilisant qu’environ 13 200 € de son « plafond » (44 % de 30 000 €) – donc en dessous des 18 000 € autorisés. En résumé, le Girardin est plafonné, mais il bénéficie d’une niche fiscale élargie qui le rend très intéressant pour diminuer fortement son impôt en une seule fois.

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Qui peut bénéficier du Girardin industriel ?

Tout contribuable fiscalement domicilié en France peut, en théorie, investir en Girardin industriel. Il n’y a pas de condition de revenu minimum prévue par la loi : il suffit de payer de l’impôt sur le revenu en France et d’avoir envie de le réduire. Cela dit, dans la pratique, le Girardin s’adresse surtout aux personnes avec une imposition assez élevée. En effet, il existe généralement un ticket d’entrée minimal (souvent autour de quelques milliers d’euros d’investissement, ce qui correspond à une réduction d’impôt de quelques milliers d’euros). Si vous payez très peu d’impôts (par exemple moins de 2 000 € par an), il peut être difficile de trouver une opération calibrée à votre niveau, et vous risquez de ne pas pouvoir utiliser toute la réduction (même si elle est reportable en partie). À l’inverse, si vous payez 5 000 €, 10 000 € d’impôts ou davantage, le Girardin devient une option attractive pour effacer une grosse fraction de votre impôt. Notez qu’il n’y a pas non plus de conditions d’âge, de situation familiale ou de patrimoine : ce qui compte, c’est votre impôt sur le revenu à réduire. Enfin, vous devez accepter de perdre le capital investi (c’est le principe du “fonds perdu”), ce qui suppose d’avoir une trésorerie disponible suffisante et d’intégrer cet investissement comme une dépense fiscale et non comme un placement récupérable.

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Jusqu’à quand le dispositif Girardin industriel est-il disponible ?

Le Girardin industriel est un dispositif temporaire, régulièrement prorogé par le législateur. Initialement prévu jusqu’en 2017, il a été prolongé à plusieurs reprises. Actuellement, le Girardin est en vigueur jusqu’au 31 décembre 2029 (suite aux dernières lois de finances). Cela signifie que vous pourrez investir chaque année jusqu’en 2029 pour bénéficier d’une réduction d’impôt l’année suivante. Passé cette date, sauf nouvelle prorogation, plus aucune souscription Girardin ne donnera droit à avantage fiscal. À noter que le volet « Girardin social » (logements sociaux outre-mer) a également été prolongé jusqu’en 2029. Le gouvernement maintient ce dispositif car il constitue un soutien important à l’économie ultramarine. Bien sûr, d’ici 2029, des ajustements peuvent intervenir (sur les taux de réduction, les secteurs éligibles, etc.), mais l’enveloppe globale est sécurisée jusqu’à cette échéance. En 2026, il est donc toujours temps de s’intéresser au Girardin si vous avez une imposition élevée, en gardant à l’esprit l’horizon de fin prévu et l’éventualité d’une sortie progressive après 2029.

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Sources et références

Quentin Hagnéré

Quentin Hagnéré

Expert

Fondateur de Hagnéré Investissement

Spécialiste de la gestion de patrimoine et de fortune à 360°, j'accompagne des milliers de clients dans la construction de stratégies performantes et innovantes pour atteindre leurs objectifs financiers avec une vision à 360° propulsée par notre galaxie de services.

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