Combien de temps pour réinvestir après une cession sous le régime 150-0 B ter ?
Fiscalité
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Combien de temps pour réinvestir après une cession sous le régime 150-0 B ter ?

Apport-cession (article 150-0 B ter) : délai pour réinvestir le produit de cession et conditions du report d’imposition. Conseils d’expert pour optimiser votre fiscalité.

Synthèse de l'article

  • Principe du 150-0 B ter : l’apport des titres à une holding contrôlée permet de placer la plus-value d’apport en report d’imposition, la holding cédant ensuite les titres et encaissant le prix.

  • Report, pas exonération : l’impôt sur la plus-value reste latent et devient exigible lors d’un événement mettant fin au report (ex. cession des titres de la holding), sauf respect continu des conditions.

  • Seuil des 3 ans : si la holding revend les titres plus de 3 ans après l’apport, il n’y a pas d’obligation de réinvestissement pour conserver le report.

  • Cession dans les 3 ans : règles de remploi : si la cession intervient dans les 3 ans suivant l’apport, la holding doit réinvestir une fraction du prix dans des investissements éligibles dans un délai donné (avant 2026 : 60% sous 24 mois ; à compter de 2026 : 70% sous 36 mois).

  • Sanction en cas de non-respect : à défaut de réinvestissement conforme (montant et délai), le report est remis en cause et la plus-value d’apport devient immédiatement imposable (souvent au PFU, indiqué à 31,4% en 2026, ou sur option au barème + prélèvements sociaux).

Comprendre le dispositif 150-0 B ter (apport-cession)

L’article 150-0 B ter du Code général des impôts encadre le mécanisme dit d’apport-cession, qui permet à un actionnaire de reporter l’imposition de la plus-value réalisée lors de la vente de ses titres, sous certaines conditions. Concrètement, le contribuable apporte d’abord les titres de sa société à une holding qu’il contrôle, en échange de titres de cette holding (l’apport est alors neutralisé fiscalement). Ensuite, c’est la holding qui cède les titres apportés et encaisse le produit de cession. Grâce à ce montage, la plus-value d’apport n’est pas imposée immédiatement, ce qui diffère le paiement de l’impôt jusqu’à ce qu’un événement ultérieur mette fin au report (par exemple, la cession des titres de la holding). Ce dispositif est un levier d’optimisation fiscale important pour les entrepreneurs souhaitant réinvestir le produit de la vente de leur entreprise dans de nouveaux projets, tout en évitant une imposition immédiate au taux du PFU (le prélèvement forfaitaire unique, passé à 31,4 % en 2026, incluant 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).

Attention, le 150-0 B ter n’est pas une exonération définitive : il s’agit d’un report d’imposition. L’impôt sur la plus-value d’origine reste latent et sera dû plus tard si les conditions du régime cessent d’être respectées (par exemple en cas de distribution de plus-value ou de vente des titres reçus). Néanmoins, en respectant strictement les conditions imposées, il est possible de conserver ce report sur une très longue période, voire de le transmettre aux héritiers en cas de décès, ce qui en fait un outil de gestion patrimoniale de long terme.

Délai pour réinvestir le produit de cession : les règles avant et après 2026

La durée pour réinvestir une partie du produit de cession est un point crucial du dispositif 150-0 B ter. Ce délai dépend du moment où la holding revend les titres apportés :

  • Si la holding vend les titres plus de 3 ans après l’apport : dans ce cas, aucune obligation de réinvestissement n’est imposée. Le report d’imposition est acquis jusqu’à la prochaine opération taxable (par exemple, la cession des titres de la holding elle-même). Autrement dit, une fois le cap des 3 ans passé, le contribuable peut bénéficier du report sans contrainte de réinvestir le produit de la vente dans l’économie réelle.
  • Si la holding cède les titres dans les 3 ans suivant l’apport : il faut alors respecter des conditions strictes de réinvestissement pour maintenir le report. Avant 2026, la loi exigeait que la holding réinvestisse au moins 60 % du montant de la cession dans des investissements éligibles dans les 24 mois (2 ans) qui suivent la vente. À compter de 2026, le législateur a renforcé ces exigences : la fraction du produit de cession à réinvestir passe à 70 % et le délai imparti est porté à 36 mois (3 ans). Ce rallongement du délai de remploi offre davantage de souplesse pour identifier des opportunités d’investissement pertinentes, tout en imposant d’y consacrer une part plus importante des fonds issus de la cession.

En pratique, cela signifie que pour toute cession réalisée par la holding dans les trois années suivant l’apport, la holding doit s’engager et réaliser effectivement, sous 3 ans, un réinvestissement représentant au moins 70 % du prix de vente. Si cette condition n’est pas respectée, le report est annulé rétroactivement et la plus-value d’apport devient immédiatement imposable (au taux du moment, généralement le PFU de 31,4 % ou, sur option, le barème progressif de l’impôt sur le revenu plus les prélèvements sociaux).

IllustrationMonsieur Durand apporte en 2024 les actions de sa PME à une holding qu’il contrôle, valorisées à 500 000 € (plus-value latente de 300 000 €). En 2025, la holding revend ces actions pour 500 000 €. Sans le dispositif 150-0 B ter, Monsieur Durand aurait subi immédiatement une taxation sur la plus-value de 300 000 € (soit environ 94 200 € d’impôt au PFU de 31,4 %). Grâce à l’apport-cession, cette imposition est reportée. Toutefois, comme la cession intervient moins de 3 ans après l’apport, la holding doit réinvestir au moins 60 % (soit 300 000 €) du produit de cession sous 2 ans pour maintenir le report. Si Monsieur Durand respecte cette obligation, l’imposition de 94 200 € reste en suspens. En revanche, s’il échoue à réinvestir le montant requis dans le délai imparti, le report tombe : il devra déclarer la plus-value initiale de 300 000 € sur sa déclaration de revenus, et s’acquitter des 94 200 € d’impôt, assortis éventuellement d’intérêts de retard. Avec la réforme de 2026, le même cas exigerait un remploi de 70 % du prix (350 000 €) dans un délai porté à 3 ans pour éviter l’imposition immédiate.

Investissements éligibles : où peut-on réinvestir pour conserver le report ?

Le législateur encadre la nature des réinvestissements éligibles afin de s’assurer que les fonds issus de la cession alimentent l’économie productive (entreprises, actifs professionnels) et non des placements purement financiers ou immobiliers à but personnel. L’article 150-0 B ter prévoit plusieurs options de réinvestissement pour la holding :

  • Investissement direct dans l’activité de la holding : la holding peut injecter le produit de cession dans le développement de sa propre activité économique opérationnelle (achat d’équipements, expansion commerciale, etc.). Attention, cela n’est valable que si la holding exerce elle-même une activité commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou libérale. Les activités de pur gestion patrimoniale (gestion de son propre portefeuille mobilier ou immobilier) étaient déjà exclues du dispositif.
  • Acquisition ou création de sociétés opérationnelles : la holding peut utiliser les fonds pour acquérir une participation dans une ou plusieurs sociétés exerçant une activité opérationnelle éligible (les mêmes secteurs listés ci-dessus, par assimilation à des activités commerciales et assimilées). Elle doit généralement en prendre le contrôle à l’issue de l’investissement pour que cela soit considéré comme un remploi éligible. Il est également possible de créer de nouvelles entreprises en souscrivant à leur capital initial ou à une augmentation de capital.
  • Souscription à des fonds d’investissement : la holding peut souscrire des parts de fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, SLP, SCR) qui eux-mêmes investiront dans des PME éligibles. Ces fonds doivent respecter un quota d’au moins 75 % d’actifs investis dans des entreprises opérationnelles pour que le réinvestissement soit pris en compte (c’est le fameux ratio 150-0 B ter, qui demeure à 75 % malgré d’autres ajustements récents). La holding doit s’engager sur un montant de souscription, appelé par le fonds sur une période pouvant aller jusqu’à 5 ans.

Jusqu’en 2025, la définition des activités économiques éligibles incluait de manière large les activités « commerciales » (au sens fiscal des articles 34 et 35 du CGI), couvrant ainsi indirectement certaines activités financières et la promotion immobilière (considérée comme commerciale). À partir de 2026, le champ des investissements admissibles est volontairement resserré. La loi exclut explicitement du bénéfice du report les placements considérés comme peu risqués ou peu productifs pour l’économie réelle, notamment :

  • les activités bancaires, financières ou d’assurance : investir le produit de cession dans une banque, une société financière ou d’assurance ne permettra plus de conserver le report (ces secteurs sont désormais exclus car assimilés à des investissements trop éloignés de l’économie productive) ;
  • les activités immobilières au sens large : sont visées tant la simple gestion ou location d’immeubles (activité patrimoniale) que la construction ou promotion immobilière en vue de la vente ou location. L’investissement dans l’immobilier locatif (location meublée, SCPI, etc.) est donc explicitement écarté du dispositif, sauf peut-être via certaines foncières opérant comme de véritables entreprises (cas à examiner finement mais, en principe, l’immobilier n’est plus un remploi éligible en 2026) ;
  • de même, toute activité procurant des revenus garantis (par exemple via des tarifs réglementés ou subventions assurant un revenu fixe) est exclue, afin de concentrer le dispositif sur des investissements à risque entrepreneurial.

En revanche, demeurent éligibles les investissements dans des PME et ETI innovantes ou en développement, y compris via des véhicules dédiés. Par exemple, souscrire au capital d’une startup technologique ou d’une entreprise industrielle reste dans l’esprit du dispositif. La loi de finances pour 2024 a même élargi certaines modalités de réinvestissement : possibilité d’apports via des holdings interposées (si toutes sont à l’IS), prise de participations minoritaires sous conditions (sans contrôle, dans une limite de 10 % de l’investissement du fonds) ou encore emploi d’instruments comme les obligations convertibles ou les avances en compte courant (dans la limite de 10 % du financement). Ces assouplissements techniques visent à faciliter le fléchage des fonds vers l’économie réelle tout en conservant l’objectif initial.

Obligation de conservation des titres réinvestis

Autre condition fondamentale : une fois le réinvestissement effectué conformément aux critères (délai et pourcentage), la holding doit conserver les nouveaux actifs acquis pendant un certain temps. Avant la réforme, la durée minimale de détention des titres ou investissements acquis était de 12 mois (un an) pour les investissements directs, et jusqu’à l’échéance du délai de 5 ans pour les parts de fonds (c’est-à-dire que la holding devait rester investie dans le fonds jusqu’à la vérification du ratio à 5 ans). Depuis 2026, la règle a été harmonisée et durcie : désormais, tous les biens ou titres acquis en remploi doivent être conservés au moins 5 ans par la holding. En cas de non-respect de cette durée de conservation (par exemple, si la holding revend une société achetée en remploi au bout de 3 ans seulement), le report d’imposition prendra fin rétroactivement, l’administration fiscale considérant que l’engagement n’a pas été tenu sur la durée prévue.

Cette extension à 5 ans de l’horizon d’investissement a pour but d’éviter les réinvestissements purement transitoires ou opportunistes. Le législateur encourage ainsi une approche de long terme : l’argent issu de la cession doit vraiment servir à financer durablement des activités économiques, et pas simplement à effectuer un placement de court terme pour remplir les cases du dispositif. Concrètement, une holding qui réemploie ses fonds dans une PME devra s’inscrire dans la durée avec cette participation (5 ans minimum), de même pour une souscription à un fonds. Il ne sera plus possible, par exemple, de revendre au bout d’un an l’entreprise rachetée ou les parts du fonds, sans perdre le bénéfice fiscal.

Notons que la condition de conservation s’étend également aux titres de la holding elle-même reçus lors de l’apport initial : si le dirigeant cède ses titres de holding, le report prend fin immédiatement (peu importe le délai écoulé). En outre, en cas de donation des titres de la holding à des héritiers ou tiers, le report peut être maintenu mais les donataires reprennent à leur compte l’engagement : ils devront à leur tour respecter les conditions restantes, faute de quoi la plus-value en report sera imposée à proportion. La loi de finances pour 2026 a d’ailleurs allongé de 5 à 6 ans (ou 10 à 11 ans en présence d’un remploi via des fonds) le délai pendant lequel une cession par le donataire fait tomber le report, signe d’un durcissement général du régime sur tous les plans.

Hagnéré Patrimoine et l’article 150-0 B ter

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Conclusion

Le mécanisme d’apport-cession (article 150-0 B ter) offre une opportunité précieuse de reporter l’imposition d’une plus-value, à condition de réinvestir dans les temps impartis et selon les critères définis. En 2026, les règles se sont durcies : délai de remploi porté à 3 ans, quota à 70 % et conservation des investissements sur 5 ans, avec un périmètre d’investissements éligibles recentré sur l’économie productive. Ce régime exige donc une planification rigoureuse et un suivi strict pour éviter la remise en cause du report. Lorsqu’il est utilisé de manière conforme, il permet à un entrepreneur ou investisseur de recycler efficacement le produit de cession de son entreprise vers de nouveaux projets, sans pénalité fiscale immédiate. Il convient toutefois de mesurer les risques (notamment le respect des engagements sur la durée) et d’adopter une stratégie patrimoniale globale intégrant cette opération. (Mise à jour 2026)

Questions fréquentes

1

Qu’est-ce que le dispositif d’apport-cession (article 150-0 B ter) ?

L’apport-cession est un montage fiscal prévu par l’article 150-0 B ter du CGI. Il permet de reporter l’imposition d’une plus-value réalisée lors de la vente de titres d’une société. Pour en bénéficier, le détenteur des titres doit d’abord apporter ses actions ou parts à une holding qu’il contrôle, puis laisser la holding les revendre. Ce mécanisme diffère l’impôt sur la plus-value tant que certaines conditions (délai, réinvestissement) sont respectées. En somme, c’est un moyen de vendre sa société sans payer immédiatement l’impôt sur la plus-value, afin de pouvoir réinvestir l’argent dans de nouveaux projets.

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Combien de temps a-t-on pour réinvestir le produit de cession sous 150-0 B ter ?

Depuis 2026, on dispose de 3 ans pour réinvestir le produit de cession à hauteur d’au moins 70 % du montant, si la vente des titres apportés intervient dans les 3 ans suivant l’apport. Avant 2026, le délai de remploi était de 2 ans (24 mois) et le seuil de réinvestissement de 60 %. Passé le délai imparti (36 mois désormais), si le pourcentage requis n’est pas réinvesti dans des actifs éligibles, le report d’imposition tombe et la plus-value initiale devient imposable.

3

Quel pourcentage du prix de vente doit être réinvesti pour conserver le report ?

Pour maintenir le report d’imposition, la holding doit réinvestir au moins 70 % du produit de cession des titres (si la vente a lieu dans les 3 ans post-apport). Ce taux a été relevé en 2026 (il était de 60 % auparavant). Autrement dit, sur 100 € issus de la vente, au moins 70 € doivent être injectés dans des investissements éligibles. Si la holding ne réemploie qu’une fraction inférieure (par exemple 50 %), la condition n’est pas remplie et la plus-value sera taxée rétroactivement sur la partie non réinvestie.

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Quels sont les investissements éligibles au remploi 150-0 B ter ?

Les investissements éligibles doivent concerner l’économie réelle. Il s’agit notamment de : l’apport de fonds dans une activité professionnelle de la holding (commerciale, industrielle, artisanale, agricole, libérale), l’acquisition de sociétés opérationnelles (en prenant le contrôle) ou la souscription au capital de sociétés en développement, et la souscription de fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, etc.) dédiés aux PME. En 2026, les activités financières, bancaires, d’assurance, ainsi que les investissements purement immobiliers ou la location meublée, sont exclus du champ éligible. L’objectif est de flécher les réinvestissements vers des entreprises créatrices d’activité (industrie, services, innovation, etc.), pas vers des placements passifs.

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Que se passe-t-il si la holding ne réinvestit pas dans les délais ou conditions ?

En cas de non-respect des conditions, le report d’imposition est annulé. Concrètement, si la holding ne réinvestit pas au moins 70 % du prix de vente dans les 3 ans (ou si elle revend les investissements avant 5 ans, ou investit dans un secteur non éligible), l’administration fiscale “remet en cause” le report. La plus-value qui était en sursis devient immédiatement imposable, comme si vous aviez vendu les titres directement. Vous devrez alors régulariser l’impôt sur cette plus-value (au taux PFU 31,4 % ou au barème selon l’option choisie), avec possiblement des intérêts de retard. Il est donc crucial de bien respecter l’engagement de remploi et de conservation pour éviter une facture fiscale imprévue.

6

L’apport-cession permet-il d’échapper définitivement à l’impôt sur la plus-value ?

Pas forcément : c’est un différément, pas forcément une exonération définitive. Tant que vous ne déclenchez pas d’événement taxable (vente des titres de la holding, non-respect du remploi, etc.), l’impôt est suspendu. Dans l’idéal, si la holding conserve indéfiniment les actifs ou les réinvestit en boucle, la taxation peut être repoussée sine die. Certaines stratégies patrimoniales visent même à transmettre la holding aux héritiers pour prolonger le report. Cependant, tôt ou tard, dès qu’il y aura distribution de plus-value ou cession des titres avec encaissement de liquidités par le bénéficiaire, l’impôt sera dû. Il est donc plus exact de dire que le 150-0 B ter repousse l’échéance fiscale et offre une optimisation de trésorerie, plutôt que d’éliminer l’impôt.

7

Peut-on utiliser le 150-0 B ter pour investir dans l’immobilier locatif ?

Non, ce n’est plus possible en 2026. Initialement, certaines formes d’investissement immobilier professionnel pouvaient s’assimiler à des activités commerciales éligibles (ex : promotion immobilière). Mais la réforme a exclu explicitement les activités immobilières et de location meublée du champ de remploi autorisé. La holding ne peut pas conserver le report d’imposition si elle réinvestit le produit de cession dans l’achat d’un bien immobilier locatif, une SCPI, ou une foncière de rendement par exemple. En revanche, si l’investissement immobilier s’inscrit dans une activité opérationnelle productive (par exemple, construction d’un immeuble dans le cadre d’une société de promotion réellement active dans la construction-vente), il faut étudier au cas par cas. Dans l’ensemble, la règle est de diriger les fonds vers des entreprises “actives” plutôt que de l’immobilier de placement.

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Quelles sont les nouveautés de la loi de finances 2026 pour l’apport-cession ?

La loi de finances pour 2026 a introduit plusieurs durcissements du régime d’apport-cession : (1) Le délai pour réaliser le réinvestissement passe de 2 à 3 ans à compter de la cession des titres apportés. (2) La fraction minimale du prix à réinvestir est relevée à 70 % (contre 60 % auparavant). (3) Les investissements éligibles sont redéfinis en excluant les secteurs financier et immobilier (plus de banque, assurance, gestion patrimoniale, ni immobilier locatif dans les remploi acceptés). (4) La durée de conservation des actifs acquis en remploi est fixée à 5 ans minimum (alors qu’avant, 1 an suffisait pour les actions acquises). Par ailleurs, des ajustements ont été faits pour les donations (transmission du report aux héritiers avec délais allongés). Ces changements visent à éviter les abus et à recentrer le dispositif sur le financement durable de l’économie réelle.

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Quelle est la fiscalité en cas de sortie du dispositif 150-0 B ter ?

Si le report prend fin (par exemple, vous vendez vos titres de holding plus tard, ou ne respectez pas une condition), la plus-value d’apport initialement mise en report devient imposable. Fiscalement, elle est traitée comme une plus-value mobilière classique au moment de l’événement qui termine le report. Le plus souvent, cela signifie une taxation au PFU au taux global de 31,4 % (impôt sur le revenu 12,8 % + prélèvements sociaux 18,6 %). Vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif si c’est plus favorable, avec application éventuelle d’abattements pour durée de détention (si éligible, par exemple pour titres acquis avant 2018 dans certaines conditions). Mais attention, pendant la période de report, le compteur de détention est figé : l’abattement pour durée de détention ne commence à courir qu’à partir de la date de l’apport à la holding. Enfin, en cas de non-respect du remploi, l’impôt est dû rétroactivement sur l’année où la cession a eu lieu, ce qui peut générer des rappels et pénalités. Il est donc important d’anticiper la sortie du dispositif et d’en mesurer le coût fiscal différé.

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Sources et références

Quentin Hagnéré

Quentin Hagnéré

Expert

Fondateur de Hagnéré Investissement

Spécialiste de la gestion de patrimoine et de fortune à 360°, j'accompagne des milliers de clients dans la construction de stratégies performantes et innovantes pour atteindre leurs objectifs financiers avec une vision à 360° propulsée par notre galaxie de services.

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